Programme de courts-métrages et de vidéos curaté par Farah Sayem, avec le soutien de la Cinémathèque du Documentaire
Dune de Azzedine Saleck | 2025 | 8 min | Vostfr
#31# (Appel masqué) de Ghyzlène Boukaila | 2021 | 16 min | Vostfr
Opus de Haythem Zakaria / trilogie Opus I | 22 min / Opus II | 22 min / Opus III | 23 min
En présence de Ghyzlène Boukaïla et Azzedine Saleck [sous réserve]
Vendredi 26 juin 2026 · 20h30
Édito du cycle
Une programmation réunissant des artistes issus d’Algérie, de Tunisie, du Maroc, de Libye et d’Égypte, c’est ouvrir un espace de résonance entre deux rives historiquement intriquées et pourtant politiquement disjointes. Dans cette ville-port, seuil mouvant entre l’Europe et l’Afrique, la Méditerranée est une étendue d’interférences, de fuites et de reflets. Ce choix de lieu n’est pas anodin, Marseille, longtemps carrefour colonial et migratoire, constitue aujourd’hui un terrain privilégié pour penser les mobilités contemporaines et les fractures postcoloniales qui traversent encore le bassin méditerranéen. Ce dispositif curatorial interroge les formes de cohabitation de la terre, du territoire, du déplacement et met au jour comment, malgré les limites imposées (frontières, contrôles migratoires, héritages coloniaux), une mobilité picturale et filmique traverse et relie ces pays.
La projection s’attache d’abord aux paysages comme matrice vivante, désert, montagne, littoral, ville dense. Ces espaces incarnent plusieurs temporalités, celles des peuplements anciens, des échanges méditerranéens, mais aussi des récentes ruptures (révolutions, guerres, migrations).
Dune
de Azzedine Saleck | 2025 | 8 min | Vostfr
Ce film est un issu de Dune, une exposition personnelle d’Azzedine Saleck au Confort Moderne à Paris.
« Above the land Across the sand The things I’ve seen The ways I’ve been »
Une conversation entre Bah Ould Saleck et Mohamedou Ould Slahi, respectivement le père de l’artiste et un ancien détenu mauritanien ayant passé douze ans à Guantánamo aux mains de la CIA.
Un dialogue entre deux Mauritaniens sur le temps, sur fond d’images de chargements de sable dans le désert, suggère que, malgré les efforts humains, le paysage nous échappe et ne peut être conquis.
#31# (Appel masqué)
de Ghyzlène Boukaila | 2021 | 16 min | Vostfr
#31# (Appel masqué) puise son inspiration dans une chanson écrite et interprétée par Cheb Abdou. Situé dans l’Algérie des années 90, cette œuvre sonore, née en plein cœur de la décennie noire, nous parle du désire de Abdou d’exprimer un désir libidinal: voir et avouer sa passion à un amant, sachant que le seul moyen d’y parvenir réside dans l’anonymat d’un appel masqué. Réalisé en collaboration avec Cheikh Morad Djadja, le film se déploie sous la forme d’une fiction documentaire performative. Le taxiphone, ce non-lieux central dans le film, devient le point de jonction entre une réalité tangible et un espace imaginaire ; à travers lui, le protagoniste y façonne et expose son identité, ses émotions et ses désirs les plus intimes.
Opus
de Haythem Zakaria / trilogie Opus I | 22 min / Opus II | 22 min / Opus III | 23 min
Dans la continuité des recherches artistiques menées dans Opus I et Opus II, le troisième opus explore le concept de paysage à travers un autre : celui du mythe archétypal. Défini comme un modèle primitif et idéal, l’archétype est un concept développé par Mircea Eliade dans son ouvrage majeur Le Mythe de l’éternel retour. Dans ce livre de référence, Eliade étudie les rituels des sociétés archaïques et théorise que, malgré les différences de culture, de temps et de lieu, il existe un archétype mythologique universel : en cherchant à transcender leur condition en imitant les dieux, les humains créent des représentations terrestres des récits et mythes divins.
Biographies
Azzedine Saleck (Mauritanie), À travers ses recherches sur les territoires frontaliers et les déplacements, il développe des œuvres qui interrogent les relations entre paysage, mémoire et pouvoir. Sa vidéo Above the land met en dialogue Bah Ould Saleck, le père de l’artiste, et Mohamedou Ould Slahi, ancien détenu mauritanien de Guantánamo. Sur fond d’images de chargements de sable dans le désert, leur conversation évoque le temps, l’expérience de l’enfermement et l’impossibilité de conquérir le paysage. L’œuvre propose une réflexion poétique sur les traces humaines et la résistance du territoire face aux logiques de domination.
Ghyzlène Boukaila (Algérie) avec son film #31# (Appel masqué) explore une autre forme de paysage : celui du taxiphone, lieu liminal entre privé et public, entre désir personnel et archives sociales de l’Algérie des années 1990. Le non-lieu se fait paysage mental et mémoire politique, un appareil qui capte des identités plurielles.
Haythem Zakaria (Tunisie) présente la trilogie Opus, s’inscrit dans une recherche artistique et spirituelle autour des notions de paysage, de mythe et d’archétype. Après Opus I et Opus II, réalisés en Tunisie, Opus III élargit la portée géographique et symbolique du projet en explorant le massif de l’Atlas à travers la Tunisie, l’Algérie et le Maroc. Inspiré par la pensée de Mircea Eliade et sa théorie du « mythe de l’éternel retour », Zakaria interroge la manière dont les récits ancestraux se rejouent dans nos paysages intérieurs et extérieurs. À la croisée du visible et du sacré, le projet fait dialoguer cosmogonie, mémoire et géographie, transformant le territoire en une figure archétypale où le mythe d’Atlas devient matrice de création et de contemplation.
L’intention curatoriale de cette programmation, réunissant les œuvres de Saif, Esra, Haythem, Adel, Ghyzlène et Tiwa, est de rassembler des artistes issus de cinq contextes géographiques et culturels distincts autour d’une réflexion partagée : comment les dispositifs filmiques et vidéo peuvent-ils révéler la pluralité territoriale et les interconnexions sensibles qui traversent la région ? Conçu sur deux journées alternant projections et discussions, le programme cherche à mettre en lumière les dynamiques collectives, les initiatives transversales et les circulations souvent invisibles qui redessinent les imaginaires du territoire.
Curation
Farah Sayem (née en 1996) est une curatrice, chercheuse et opératrice culturelle basée à Tunis, dont le travail explore les dimensions physiques et politiques des espaces urbains et communs, en interrogeant la manière dont leurs dynamiques sociales et culturelles peuvent devenir des outils de transformation et de résistance au néolibéralisme entre Tunis et Marseille. Depuis 2020, elle développe des projets culturels favorisant la démocratisation de l’art dans l’espace public et écrit sur des artistes et collectifs indépendants. Farah a collaboré avec L’Art Rue (Dream City), ONU Femmes, Collectif Créatif, La Boîte, Gabes Cinema Fen, Koh llective, l’Association Européenne des Festivals et le magazine Diptyk. Elle est titulaire de masters en design produit et en management de l’économie sociale et solidaire, membre du studio de design collaboratif EL WARCHA, et poursuit actuellement une recherche doctorale (IRG) à l’Université Paris-Est Gustave Eiffel.
La billetterie ouvre 30 minutes avant le début de chaque séance.
Nous pratiquons le prix libre (chaque personne paie ce qu’elle veut/peut/estime juste). Nous croyons au prix libre comme possibilité pour chacun·e de vivre les expériences qui l’intéressent et de valoriser le travail accompli comme il lui paraît bienvenu.
L’adhésion à l’association est nécessaire pour assister aux projections, elle est accessible à partir de 8€ et valable sur une année civile. Il est possible de prendre son adhésion en ligne. Pour celleux qui le souhaitent et le peuvent, cette adhésion permet aussi de nous soutenir, en ajoutant un montant de son choix.
Programme de courts-métrages et de vidéos curaté par Farah Sayem, avec le soutien de la Cinémathèque du Documentaire
Twinkle / ضﯾﻣَو de Trick54 Grocco | 2020 | 5 min
I've known rivers du collectif South of Ajdabiya (Saif Fradj et Esra Elfeky) | 2023 | 18 min | Vostfr
Written Not To Remain de Tewa Barnosa | 2024 | 12 min | Vostfr
The Moon Above The Forelocks (WIP) ّصﺎﺑدمﺎﻘﻣﻟاوقﻓرﻣﻘﻟا de Tewa Barnosa | 2025 | 10 min | Vostfr
Projection suivie d'une discussion avec les artistes Trick54 Grocco, Ghyzlène Boukaïla, Azzedine Saleck [sous réserve] et la curatrice Farah Sayem
Toutes les séances Imaginaires documentaires
Imaginaires Documentaires est un rendez-vous mensuel du Videodrome 2, autour de la diffusion de documentaires contemporains récents, qui poursuit une ambition de circulation d’œuvres remarquées et remarquables qui ne trouveraient pas le chemin des salles d’exploitation. Afin de créer un moment d’échange privilégié, les séances se font en présence des cinéastes.
Avec le soutien de la Cinémathèque du Documentaire En présence de Enrico Masi et Davide Rabacchin Projection en pellicule 16mm
How I came here de Davide Rabacchin, 2019, Italie, court-métrage [Première Française] Shelter - Farewell to Edende Enrico Masi, 2019, Italie/France, 1h21
Avec le soutien de la Cinémathèque du Documentaire Une proposition de Tangente Distribution En présence de HélèneBaillot, RaphaëlBotiveau et LisaReboulleau
400 paires de bottes de HélèneBaillot et RaphaëlBotiveau, 2020, France, 17 min
MidnightTraveler de HassanFazili, 2021, États-Unis / Grande-Bretagne / Canada, 1h26
Avec le soutien de la Cinémathèque du Documentaire
Projection dans le cadre de Dominique Marchais, géographies sensibles - Un week-end en présence du cinéaste du 08 au 10 décembre 2023 à la Baleine, au Gyptis et au Videodrome 2
Pour la suite du monde de Pierre Perrault et Michel Brault |1963 | Canada | 1h45
Une proposition de Lucie Bertrand-Luthereau, universitaire et professeure de culture générale à Sciences-Po Aix, avec le soutien de la Cinémathèque du Documentaire
Psychomagie, un art pour guérir d'Alejandro Jodorowsky | 2019 | France | 1h40
La séance sera suivie d'une conférence/expérience de Lucie Bertrand-Luthereau