Samedi 10 octobre 2026 · 19h00 


Édito

 

 

Qu’y a-t-il derrière les murs ? Qu’y a-t-il à l’intérieur des murs ?
Un espace, un vide? Pas si vide que ça.
Une attente, l’espoir, le passé et l’avenir qui se cognent contre les parois.

Entre les murs fantômes de l’Hotel Metalurg, ancien sanatorium de luxe de l’ère soviétique qu’on croirait tout droit sorti d’un roman de Milan Kundera, se rencontrent  plusieurs réalités, bien contemporaines;
D’abord, c’est la vie de personnes réfugiées depuis l’Abkhazie (État non reconnu par la communauté internationale, limitrophe de la Géorgie et de la Russie), déplacées par la guerre trente ans auparavant et ayant atterri du côté géorgien, comme tant d’autres, dans cet hôtel abandonné. Des familles, mais des femmes et des enfants surtout, puisque désertées elles-mêmes par des maris partis depuis longtemps en quête de mieux.
Mais l’Hotel Metalurg est aussi le théâtre d’un spectacle inattendu, hôte d’un tourisme national d’un genre bien particulier; le charme suranné des murs, tel l’intérieur du Titanic qu’on aurait ressorti des eaux, offre en effet un décor idéal pour des photos… de mariage. Ainsi des couples géorgiens, se succèdent-ils dans les halls immenses et posent à côté de lustres en cristal plus gros que des voitures, pour immortaliser le premier jour de leur future vie ensemble, entourés de famille et d’amis.

Tous se croisent sans se toucher, sans se parler. Ainsi s’incarnent des éléments d’une même réalité géopolitique dans ce documentaire, essentiel témoin au contraste résolument tragique.


Hotel Metalurg

de George Varsimashvili et Jeanne Nouchi | France, Géorgie | 2023 | 1h20 | Vostfr

Des femmes ayant fui la guerre d’Abkhazie vivent dans un hôtel de luxe abandonné. 30 ans plus tard, elles doivent partir, car l’hôtel est vendu.
Lorsque le conflit a éclaté dans la région séparatiste d’Abkhazie, en Géorgie, en 1992, environ 200 000 personnes ont dû fuir. Des milliers de ces personnes déplacées ont trouvé refuge dans des sanatoriums abandonnés à Tskaltubo, une station touristique connue pour ses sanatoriums de luxe de l’ère soviétique. Trente ans plus tard, l’hôtel « Metalurg » s’est vidé de ses hommes au fil des ans, mais il est toujours occupé par une communauté de femmes et leurs enfants. Ils survivent parmi les ruines du passé soviétique et vivent avec l’espoir de retourner un jour en Abkhazie. Alors que les années passent et que la Russie poursuit sa politique d’occupation de l’Abkhazie, l’espoir de rentrer chez soi semble bien lointain. Khatuna, Dali, Tamar, Lika, Liana et les autres sont devenus des « réfugiés » dans leur propre pays.



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