Jeudi 24 septembre 2026 · 20h30


Édito

 

 

Nous voilà de retour pour une deuxième expérience immersive autour du cinéma. Cette année, nous partons vers le cinéma haïtien et il nous semble essentiel de raconter Haïti, à travers ses réalisateurs, autrement.

Donner la place aux regards des cinéastes qui racontent les réalités qu’ils connaissent de l’intérieur, des cinéastes qui puisent dans leur propre expérience du pays pour mieux le raconter.

Nous croyons à la nécessité de faire entendre les voix de celles et ceux qui racontent leur propre réalité, avec la légitimité de l’expérience vécue et le souci de restituer ces contextes dans toute leur complexité, dans le respect de la dignité des personnes qu’ils filment.

Nous croyons à la nécessité d’un cinéma qui refuse le voyeurisme, les regards sensationnalistes, pour faire de la souffrance un spectacle.

Un cinéma qui donne à voir la condition de vie d’une société traversée par des difficultés, certes, mais aussi par une vitalité débordante. Un cinéma qui témoigne des imaginaires qui traduisent et façonnent notre leitmotiv « nous sommes donc Je suis ». Un cinéma qui tient compte des formes de résistance profondément ancrées dans le quotidien folklorique et traditionnel de ce pays.

Comme on l’a dit plus haut, il nous semble essentiel de « raconter Haïti autrement »
On insiste sur l’Autrement parce que l’Haïti qu’on nous vend dans les médias traditionnels occidentaux est un Haïti ponctué par des mots comme Petit pays, chaos, l’enfer des gangs, criminalité, abîme. Le rappel sans fin d’un film Mad Max du pays le plus pauvre du monde. Sans jamais dire que c’est un pays appauvri. Appauvri par une double dette, appauvri par l’ingérence internationale dans les affaires de l’état, appauvri par l’impérialisme, appauvri par l’ogre qu’on ne nommera pas ici. Parce que pour eux dire que c’est un pays appauvri et pillé revient à désigner des coupables.  Parce qu’aussi ne pas le dire c’est choisir volontairement de ne pas interroger le labyrinthe géopolitique dans lequel se trouve Haïti depuis deux siècles.

À travers cette journée de projections, nous souhaitons avec le public marseillais, créer un espace de rencontre, d’échange et de partage autour d’œuvres qui déplacent notre regard et nous invitent à découvrir un Haïti raconté par celles et ceux qui l’ont vécu et qui continuent de le vivre au quotidien.

L’association Noctules

Brave

de Wilmarc Val | 2021 | France, Haïti | 25 min

Quand une prêtresse vaudou haïtienne, une Mambo, meurt, c’est aux enfants de célébrer la divinité qu’elle servait. Il est temps pour ma mère de revenir au pays pour accomplir ce rituel en l’honneur de ma grand-mère défunte.


Twa Fèy

d’Éléonore Coyette | Haïti/Belgique | 2021 | 27 min

Trois Feuilles. Trois récits de femmes qui explorent les racines de l’identité, de la résistance et de la sororité.

Pour cette rentrée de septembre, le rendez-vous Imaginaires Documentaires accueille une nouvelle proposition de l’association Noctules, avec des court métrages documentaires autour d’Haïti.


La danse vodouisante, porte-parole d’une histoire

de Jenipher Whyshlliadha Charles | 2020 | Haïti | 16 min

Ce film est issu d’une recherche de terrain menée par Jenipher Whyshlliadha Charles dans le département de l’Artibonite, en Haïti. Dans cette démarche, la réalisatrice dépeint un vaudou comme porteur d’un héritage de résistance culturelle et identitaire. Cette œuvre prend sa source dans une recherche profondément personnelle, centrée sur la figure paternelle qui lui avait dissimulé sa pratique du vaudou vu que cette était largement stigmatisée à l’époque.


En mil pedazos (Fragmented)

de Feguenson Hermogène | 2023 | Cuba | 13 min

Au centre de Bauta s’élève la statue d’un homme tenant les restes d’une chaîne brisée. Elle constitue un fragment de la mémoire d’une communauté afro-cubaine qui vit dans la ville depuis l’époque coloniale. Entre les bâtiments publics, les pratiques religieuses et folkloriques, ainsi que les souvenirs familiaux, subsistent un lieu commun de la mémoire, dispersé ici et là sous l’influence des circonstances historiques.

En suivant un groupe de sept jeunes danseurs professionnels, ce film, dont la narration revêt un caractère hybride, cherche à reconstituer cette mémoire, ou peut-être à mettre en lumière ce qui demeure encore de cette histoire douloureuse, qui n’est pas sans liens avec d’autres pays ayant, comme Cuba, connu l’expérience inhumaine du système esclavagiste.


Informations pratiques

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La billetterie ouvre 30 minutes avant le début de chaque séance.

Nous pratiquons le prix libre (chaque personne paie ce qu’elle veut/peut/estime juste). Nous croyons au prix libre comme possibilité pour chacun·e de vivre les expériences qui l’intéressent et de valoriser le travail accompli comme il lui paraît bienvenu.

L’adhésion à l’association est nécessaire pour assister aux projections, elle est accessible à partir de 8€ et valable sur une année civile. Il est possible de prendre son adhésion en ligne. Pour celleux qui le souhaitent et le peuvent, cette adhésion permet aussi de nous soutenir, en ajoutant un montant de son choix.

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Toutes les séances Imaginaires documentaires

 

Imaginaires Documentaires est un rendez-vous mensuel du Videodrome 2, autour de la diffusion de documentaires contemporains récents, qui poursuit une ambition de circulation d’œuvres remarquées et remarquables qui ne trouveraient pas le chemin des salles d’exploitation. Afin de créer un moment d’échange privilégié, les séances se font en présence des cinéastes.

 

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