Mardi 17 novembre 2026 · 19h30


Édito 

 

 

« Le cinéma c’est du sang, ce sont des larmes, avec de la violence, de la haine, des films avec de la mort et des films avec de l’amour. »

Douglas Sirk cité par Rainer Werner Fassbinder

Partie I

Ouarda Ouarda : Yet Another Flower Film

de Samy Benammar | 2026 | Québec | 5 min

Des fleurs scintillent le long d’une bande de 16 mm, juste avant ou juste après les flammes. On peut les entendre se lamenter, crier et résister. En réponse à cette stridence, une explosion de lumière jaillit d’un pétale noir.


Retour d’un repère

de Rose Lowder | 1979 | France | 3 min

La notion d’un repère constant vient de la rhétorique poétique où elle désigne un élément constituant du rythme. L’une des figures de la poésie, qui développe d’une manière particulière l’aspect temporel du déroulement de l’élément rythmique, est le «pantoum», d’origine orientale (Malaisie). L’organisation de la forme du film repose sur une transposition visuelle de la structure des vers d’un «pantoum». Ainsi, les opérations du filmage image par image sont croisées par rapport à l’espace filmé et entrelacées par rapport aux éléments pris en compte par ce procédé. De cette façon, la procédure qui sépare, isole et inscrit certains aspects d’une scène (ici un arbre dans le jardin du Rocher des Doms) par le réglage successif de la mise au point d’une série de photogrammes en suivant diverses partitions, est mise en œuvre d’une manière particulière dans Retour d’un repère.


Fulgurations

vidéo de Darjeeling Bouton

Feux, fleurs, mort, cris, amour, gloire et beauté.
Collage d’images, voix, mots, bruissements, éclats.


Partie II.

Amytis

David Merlo

Chants suspendus, crins et acier.

David use de frottements et de petites hypnoses qui, selon d’où on les aperçoit, s’entassent en chaos.
Anges et fantômes s’y croisent, dansent, accordent leurs sauvageries puis se dispersent, laissant leurs progénitures obséder les suivantes.
Aridités, nuées, vides et aurores se toisent depuis leurs plateformes. Accessibles par rebonds ou transparences.
La ligne droite s’y perd et les rêves s’y ravitaillent. L’offrande faite à l’orage leur achète un sursis, jusqu’au prochain trop calme.


À propos des artistes

Samy Benammar

Cinéaste, photographe et critique basé à Montréal. Puisant dans ses racines algériennes et son enfance en milieu ouvrier, son travail allie une approche réflexive du documentaire à une expérimentation tactile. Il a également siégé sur les comités des revues Hors Champ, 24 images et Panorama-cinéma et poursuit un doctorat sur la photographie coloniale en Algérie.

Rose Lowder

Française et péruvienne, Rose Lowder est née en 1941, Miraflores, Lima, Pérou. Dès 1977, Lowder concentre son attention sur l’aspect visuel du processus cinématographique, et, à l’invitation de Jean Rouch et de son équipe à l’Université de Paris X, réunit une partie de ses recherches dans un Doctorat en Lettres et sciences humaines intitulé Le film expérimental en tant qu’instrument de recherche visuelle (1987). Active depuis 1977 dans la programmation de films rarement montrés, elle fut co-fondatrice des Archives du film expérimental d’Avignon (AFEA, 1981) afin de constituer une collection de films et de documents, et de publier plusieurs ouvrages : La part du visuel, films expérimentaux canadiens (AFEA, 1991), L’Image en mouvement (AFEA, 2002), Images / discours (AFEA, 2006) pour rendre ces œuvres plus accessibles au public. Chargée de cours (1994-1995), puis professeur associé (pratique, histoire, théorie et esthétique, à l’UFR des arts plastiques et sciences d’art, Université de Paris I (1996-2005).
Dirigeant ses recherches sur la perception visuelle par rapport au moyen d’expression cinématographique, son travail s’est concentré sur les différentes façons de moduler les caractéristiques visuelles, plastiques, graphiques ou photographiques, de l’image au cours d’une transformation dans le temps. Ces recherches l’amenèrent à composer l’image dans la caméra, souvent au moyen d’un tissage d’images au cours de plusieurs passages de la pellicule dans l’appareil. Progressivement fût développé une manière de travailler avec des partitions dessinées afin de distinguer, au cours de l’enregistrement, les photogrammes exposés de ceux encore à réaliser. Cette façon de travailler est relativement complexe et méticuleuse car il s’agit d’enregistrer une succession d’images, image par image dans la caméra, de manière à ce qu’elles apparaissent simultanément sur l’écran lors de leur projection.

David Merlo

Compositeur, improvisateur et performeur, il développe une pratique aux frontières du musical et de l’art sonore. Il s’investit dans les musiques actuelles, expérimentales et contemporaines, d‘abord à Marseille à partir de 2006 où il co-fonde le label Daath et crée l’entité Subspecies sous forme d’ensemble instrumental, puis à Paris depuis 2016. En structurant la compagnie Subspecies, il développe des projets pluridisciplinaires qui questionnent notre rapport, individuel et collectif, à la représentation du phénomène sonore. La basse électrique se retrouve souvent au cœur de cette exploration, dans une volonté d’extension de sa palette sonore.
Ses collaborations dans les champs du spectacle vivant (Cie Malaxe-Julien Dégremont, Cie Animae Corpus-Thibaud Le Maguer..), de la performance (Cie des Corps Parlants-Mathilde Monfreux..), du cinéma (Anne Alix, Guillermo Moncayo..) et des arts contemporains (Hugo Deverchère, Lyoudmila Milanova..) viennent s’ajouter à une pratique de bassiste électrique au sein de formations aux esthétiques variées, post rock (HoaxHoax), death metal (1980), jazz contemporain (Red Desert Orchestra de Eve Risser), musiques improvisées (Michel Doneda,Tom Malmendier..), afro rock (Musungu) (..) Parallèlement et en lien avec cette pratique, il assure depuis 2008 de nombreuses missions de transmission et de sensibilisation, que ce soit en contexte de formation professionnelle aux métiers de la musique (Pro Musica), ou auprès de publics scolaires (primaires, collèges, lycées et lycées pro) et de centres sociaux (quartiers nord de Marseille). De l’intervention ponctuelle au parcours suivi, il s’associe pour cela aux démarche de diffusion sur les territoires avec l’Ensemble Télémaque, le GMEM-CNCM-Marseille, la Dynamo de Banlieues Bleues-Pantin, La Muse en Circuit-CNCM.


À propos de MAGMA

MAGMA est un rendez-vous bi-mensuel donné au VIDEODROME 2 depuis 2021. Les film(s) projeté(s) font écho aux performances musicales qui ouvrent les séances, par associations d’idées. Prolongements, contre-pieds, télescopages, frictions, fluidités. MAGMA c’est rugissement, chant d’amour, rage de vivre, rêverie, violences du monde et leurs envers, lignes de crêtes, champs de tensions, gestes francs.

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Informations pratiques

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La billetterie ouvre 30 minutes avant le début de chaque séance.

Nous pratiquons le prix libre (chaque personne paie ce qu’elle veut/peut/estime juste). Nous croyons au prix libre comme possibilité pour chacun·e de vivre les expériences qui l’intéressent et de valoriser le travail accompli comme il lui paraît bienvenu.

L’adhésion à l’association est nécessaire pour assister aux projections, elle est accessible à partir de 8€ et valable sur une année civile. Il est possible de prendre son adhésion en ligne ! Pour celleux qui le souhaitent et le peuvent, cette adhésion permet aussi de nous soutenir, en ajoutant un montant de son choix.

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