Depuis près d’un an, Nolimetangere donne des rendez-vous mensuels au Videodrome 2 pour des séances en sons et en images. MAGMA propose des rencontres sensorielles hissées sur lignes de crêtes pour créer un champ de tensions entre performances musicales et projections de films au geste franc. Comme un rêve éveillé, un songe, on pénètre la salle obscure, les yeux fermés, l’oreille dressée. Des images mentales affluent, sollicitées par les signaux électriques et/ou acoustiques. Puis c’est le silence, le noir se fait, l’écran s’anime. Le paysage sonore par lequel on est d’abord traversé vient irriguer notre perception de ce qui rayonne depuis la cabine de projection. MAGMA est ce surgissement de force contenue, puissance tapie dans nos profondeurs pour convoquer la violence du monde et son envers. Mélange de langues, de sons, d’images « de rien », d’images « de tout », MAGMA invite au rugissement, au chant d’amour, à la rage de vivre, à la rêverie.


// 1ère partie //

Bozzi solo Fabrizio Fenu

guitar solo bruitiste et mélodique

Joueur de guitare, Fabrizio esquisse des vignettes saisissantes, de toute l’étendue de la palette sonore que permet la guitare électrique.

Leur consistance se développe sur des plans multiples, et cela sans recourir à la répétition outre mesure : au contraire, c’est un long travelling qui avance à pas microsoniques, sans jamais faire du sur-place, nous laissant tout l’espace nécessaire pour apprécier la profondeur des textures mobilisées.

Écouter : ici


// 2ème partie //

La plainte de l’impératrice (Die klage der kaiserin)

essai filmique de Pina Bausch, 1989, Allemagne, 1h44

Que tes chants, vos caresses me fassent mourir

Avec cet essai filmique, Pina Bausch magnifie ce à quoi aspire l’esprit humain en dépit ou justement contre les démarches totalitaires ou mécaniques, les éléments naturels, la vieillesse, la mort. Pina Bausch utilise le cinéma pour ouvrir le plateau réduit d’un théâtre à l’espace immense de la nature, de la ville. Loin de magnifier la performance pour elle-même, elle insiste sur la difficulté des danseurs à faire face aux éléments auxquels ils sont confrontés, et met ainsi en scène des corps en lutte. La plainte de l’impératrice brasse les saisons, les ciels changeants, la nature et les corps en son sein, la lumière, les couleurs, la peur de la fin. C’est un film sur la tentative, l’épreuve, la volonté de rester vertical. C’est une grande plainte, confie Pina Bausch, quelque chose de tout à fait âpre, une grande détresse. Ce film est comme un livre d’images. Ainsi s’ouvre sans plus jamais se refermer ce livre d’images éparses (eika katappa), images qui vous hantent comme une lente marche funèbre teintée de burlesque.


Guitariste sarde, chercheur du bruit. Sa musique est un récit de bruits et de mélodie obtenues par la modification de la guitare et en cherchant le souffle vivant de l’erreur les pieds sont plongés dans son rêve fait de paysages électroniques, drones et improvisation. Fabrizio Bozzi Fenu esquisse des vignettes saisissantes, de toute l’étendue de la palette sonore que permet la guitare électrique.
Leur consistance se développe sur des plans multiples, et cela sans recourir à la répétition outre mesure : au contraire, c’est un long travelling qui avance à pas microsoniques, sans jamais faire du sur place, nous laissant tout l’espace nécessaire pour apprécier la profondeur des textures mobilisées. Musique qui se tisse en même temps qu’elle se défait, épure, déchirure estompée.
Voir ses disques en solo : ici

Reviews
« There are no easy times for the human race at the moment regarding this aggressive Coronavirus. It is also about hesitation and fear of having no knowledge what amount of havoc and temporal span it would further embrace. Especially for Europe and particularly for Italy. Fabrizio Bozzi Fenu comes from the country, the island of Sardinia which has been a place for experimental music acts some I have met thanks to a great imprint, La bél. Sant’Andrìa, the 9-notch release is an exciting part of the discography of Plus Timbre due to manipulation with extended guitar chords, up and down patterns, microscopic noisy bugs and subliminal electronic sounds. In other words, one can imagine a stoned blues man who has abandoned playing on common keys and instead deconstructing the style with the help of an amount of unfathomable electronic and technological possibilities (by facing possibly a problem of choice). Indeed, the artist used to create a very personal universe at his own disposal by slipping in and out the elements. As an Italian artist he cannot do away with adding shards of beauty to the mix (for instance, Anima). Undoubtedly one of the most preeminent albums so far in 2020 » Agier
« Talking about extremisms and talents exported from Sardinia, it is absolutely worth mentioning guitarist Fabrizio Bozzi Fenu with his solo titled Sant’Andrìa (Bozzi Fenu lives and works in Marseille and on these pages I have several times highlighted his value through reviews of his works). For my knowledge Sant’Andrìa usually recalls a pagan festival related to wine, with many analogies to Halloween, but Bozzi explicitly refers to another horror, the one related to the years of lead, to the supremacy of political thought divided between acts of struggle and terror of the seventies: the notes speak of « speenetic lyricism » which musically is supported with a whole series of extensive technics on the electric guitar that make it possible. The instrument is modified and heavily deconstructed in its usual tones: in « Intuizione », noise prevails and settles into memory as echoes of group voices, emphasizing a metallic environment, cleverly built on Bailey-ian foundations to provide a perfect sonic surrogate for the assemblage; in « Dimensione », a suspension is created with a few forcefully released tones, while some cross techniques on the instrument lead to the meticulous clamors of « Sveglie, suonerie e campane »; while « Acanto » prefigures the plugged of a piece that has been chosen as the equivalent of a plant; it ends with « Anima », a hope that rolls with the end of the period but almost has thunder in the distance, perhaps the true message of this beautiful work by Bozzi Fenu, namely the evaluation of a return of violence and extremism that must be avoided in a period that already offers the side to these dangerous positions, hanging by a thread of detonation: « …Do you hear the voices you left behind? Echoes of a grief observed, hauntology, exile on some Lost Highway… a music made and unmade at the same time, a bleak watercolour gently torn apart… » Percorsi Musicali
« Fenu, a guitarist originally from Sardinia now resident in Marseille, France, invents a many-colored sound world for electric guitar augmented by loops, miscellaneous electronic processing, and preparations. In spite of the sometimes abstract nature of the timbres he coaxes from his instrument, he isn’t averse to grounding his improvisations in the occasional steady rhythmic pulse. There’s much of interest here—repeated fragments of melody circling an imaginary center; insistently ringing tones coalescing into chords; microtonal detunings; the reversed decay of notes turned backwards. And beneath it all, the sharply honed edge of the electric guitar’s plain voice. » Avant Music News

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Tarif de la séance

Prix libre à partir de 4 euros

Adhésion annuelle obligatoire de 5 euros (année civile).

La billetterie ouvre 30 minutes avant le début de chaque séance.


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Une proposition de Nolimetangere

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Fitzcarraldo
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, 1982, Allemagne/Pérou, 2h38, VOSTFR

 

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