Samedi 21 mars 2026 · 20h30


Édito

 

 

Dés-orienter. S’éloigner de l’Orient. Un chemin vers l’Orient. Retrouver ses racines ou perdre ses repères. Double Vision présente deux films personnels qui explorent le sentiment d’appartenance à travers des parcours narratifs sensoriels. La dérive devient le berceau des souvenirs et des reconnexions possibles. Que signifie appartenir à un lieu, à une communauté, à un espace affectif ? L’appartenance peut impliquer autant d’attachement que de mouvement, d’intimité que de distance, de transgression que de frontières, mais elle est considérée dans ces deux films comme un processus continu inachevé.

Ces films n’existent qu’en versions sous-titrées en anglais.

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Dis-orient. Away from the orient. A way to the orient. Finding its roots or losing its routes. Double Vision presents two personal films that search for the sense of belonging through sensory narrative journeys. Drifting becomes the homeland of memories and possible reconnections. What does it mean to belong to a place, to a community, to an affective space? Belonging may involve as much attachment as movement, intimacy as distance, transgression as boundaries, but is in these two films considered an ongoing process that will always remain incomplete.

Only english subtitled versions exist for these films.


Fatima’s Letter

d’Alia Syed | 1992 | Royaume-Uni | 19 min | Vostan

Un documentaire personnel autour des voyages et des souvenirs. L’histoire est racontée en ourdou avec des sous-titres en anglais, bien que ceux-ci n’apparaissent pas toujours en synchronisation avec les paroles, créant ainsi une expérience stratifiée, éphémère et fragmentée. Alia Syed, née à Swansea d’une mère galloise et d’un père indien, exprime la désorientation de l’expérience diasporique et le rôle du langage dans la structuration des relations de pouvoir entre classe, race et genre.

« La pratique d’Alia Syed en tant que cinéaste remet en question les conventions de l’écriture. Même si ses films déploient une structure narrative, ils le font pour démêler l’idée même de début et de fin, nécessaire à l’acte de donner du sens. Au lieu de cela, elle utilise la répétition, la circularité et la superposition des mots et des images pour explorer les conditions dans lesquelles le sujet du langage et du désir se fait présent, mais échappe aussi à notre compréhension. »  – Amina Malik

A personal documentary around journeys and memories The story is spoken in Urdu with sub-titles in English, although the subtitles do not always appear in conjunction with what is spoken producing a layered, ephemeral, and fragmented experience. Alia Syed, born in Swansea to a Welsh mother and an Indian father, expresses the disorientation of the diasporic experience and the role of language in structuring power relations between class, race and gender.

“Alia Syed’s practice as a filmmaker tests the conventions of writing. Even though her films deploy a narrative structure they do so to unravel the very idea of beginnings and endings that is necessary to the act of making sense. Instead she uses repetition, circularity and the layering of word and image to explore the conditions under which the subject of language and desire is made present but also eludes our grasp.” – Amina Malik


Nowhere Near

de Miko Revereza | 2023 | Philippines, Mexique | 1h35 | Vostan

Nowhere Near est un voyage philosophique et sensoriel qui mêle espaces et réalité pour évoquer la liberté du voyage et du mouvement. À travers une odyssée personnelle à la manière de Sans Soleil de Chris Marker, ce film interroge l’apatridie, non pas comme un argument, mais comme une série d’observations et d’impressions fragmentées. Les distances se dissolvent dans l’élégante superposition d’un lieu sur un autre. Le temps et l’espace sont élargis grâce à un montage précis. Une rêverie autoethnographique, poétique et esthétique.

Le cinéaste expérimental et écrivain Miko Revereza interroge son histoire personnelle en tant que sans-papiers ayant grandi aux États-Unis. Nowhere Near retrace sa décision de quitter les États-Unis pour retourner aux Philippines, même si redécouvrir son pays natal signifie quitter sa famille et devenir un exilé du pays où il a été élevé.

Nowhere Near is a philosophical and sensorial journey that blends spaces and reality to evoke the freedom of traveling and movement. Through a personal odyssey à la Chris Marker’s Sans Soleil, this film questions statelessness, not as an argument but as a series of fragmented observations and impressions. Distances dissolve in the elegant superimposition of one place onto another. Time and space are expanded through the precise use of edits. An autoethnographic poetic and aesthetic reverie.

Experimental filmmaker and writer Miko Revereza interrogates his personal history as an undocumented person who grew up in the USA. Nowhere near traces his decision to leave the United States and return to the Philippines, though rediscovering his country of birth means leaving his family and becoming an exile from the country where he was raised.


DOUBLE VISION

Est un appel et une réponse,
Le cinéma et son écho,
Un phénomène dans lequel l’enregistrement du monde est projeté en retour sur lui-même,

C’est une nouvelle série de projections mensuelles. DOUBLE VISION est proposée dans le cadre d’une double programmation mensuelle qui associe des œuvres cinématographiques radicales, transformatrices et visionnaires à leur propre miroir. Avec des essais critiques, des programmes de films et de vidéos sélectionnés, des cinéastes internationaux invités et des films tirés de l’histoire riche et complexe de l’anthropologie visuelle et du cinéma expérimental, DOUBLE VISION cherche à tracer une ligne d’influence émotionnelle, politique, viscérale et critique entre ce qui est ressenti, ce qui est vu, ce qui est connu et ce qui peut être compris. DOUBLE VISION est présenté avec le soutien du ANFAA A*Midex Research Group (AMU/IDEAS) et en partenariat avec La Fabrique des écritures ethnographiques (FÉE).

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DOUBLE VISION
is a call-and-response
is cinema and its echo
is a phenomenon in which the recording of the world is projected back on itself
is a new monthly screening series

DOUBLE VISION is offered in a monthly program that takes radical, transformative and visionary works of cinema and pairs them with their mirror selves. Featuring critical essays, curated film / video programs, visiting international filmmakers and focusing on films drawn from the rich and complicated histor/ies of visual anthropology and experimental cinema, DOUBLE VISION looks to draw an emotional, political, visceral and critical line of influence between what is felt, what is seen, what is known and what can be understood. DOUBLE VISION is presented with the support of ANFAA A*Midex Research Group (AMU/IDEAS)in partnership with La Fabrique des écritures ethnographique (FÉE)


Informations pratiques

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La billetterie ouvre 30 minutes avant le début de chaque séance.

Nous pratiquons le prix libre (chaque personne paie ce qu’elle veut/peut/estime juste). Nous croyons au prix libre comme possibilité pour chacun.e de vivre les expériences qui l’intéressent et de valoriser le travail accompli comme il lui paraît bienvenu.

L’adhésion à l’association est nécessaire pour assister aux projections, elle est accessible à partir de 8€ et valable sur une année civile. Il est possible de prendre son adhésion en ligne ; pour celleux qui le souhaitent et le peuvent, cette adhésion permet aussi de nous soutenir, en ajoutant un montant de son choix.

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