Zong – Elias Parvulesco, Teta Tsybulnyk & Svitlana Pototska
The Song of Rain – Tetsuichiro Tsuta
Édito
Nous nous retrouvons pour la 33e édition du FIDMarseille. Quel plaisir de renouer enfin cette année avec une édition à la mesure des précédentes, avant la crise sanitaire. Le Festival se déroulera dans des lieux déjà investis précédemment mais vous permettra aussi d’en découvrir de nouveaux, fruits de partenariats récents permettant d’inscrire toujours mieux le festival à Marseille et dans la Région Sud.
Artiste, chercheur, et auteur kyivain dont la pratique interroge lumineusement l’histoire soviétique et post-soviétique, avec une focalisation particulière sur son Ukraine natale, Larion Lozoyov (né en 1987) reconfigure huit films de l’URSS (entre 1936 et 1956) pour souligner le rôle de sa nation comme « grenier de l’Europe ». Développée à la fois comme film et comme installation à deux écrans, l’œuvre récolte des matériaux auprès d’éminences telles que Medvedkine et Barnet. Nous voyons de vastes champs de blé collectivisés dominer des paysage bucoliques mais invariablement forgés par l’homme – au son d’extraits orchestraux convenablement mobilisateurs et propagandistes. (N.Y.)
Zong – Elias Parvulesco, Teta Tsybulnyk & Svitlana Pototska
2019 | Ukraine | 9 min
En 2017, le collectif kyivain « ruïns collective » est fondé par Elias Parvulesco, Teta Tsybulnyk et Oleg Isakov (cf. Room to Live). Trois ans plus tard, pour une commande de l’ONG Climate Art Labs, Parvulesco et Tsybulnyk collaborent avec la biologiste Svitlana Pototska pour cette étude ruminative et cubiste du marais du Zamglai, sur la Dniepr. Des images contemporaines aux couleurs distordues sont juxtaposées à des images d’archives – comprenant aussi des extraits de textes des époques tsariste, soviétique, et post-soviétique – pour explorer les rapports souvent problématiques entre les habitants humains et non-humains de cette région. (N.Y.)
The Song of Rain – Tetsuichiro Tsuta
2022 | Japon | 45 min | 16 mm
Quelque part au Japon, deux hommes vivent dans une maison new age, à travers les vitres de laquelle les reflets et ondulations de la pluie se dessinent en noir et blanc sur les murs. À une journaliste, l’un d’eux explique que le design de la maison permet de récupérer l’eau de pluie et de faire pousser les plantes qui répondent à leurs besoins. L’autre lui apporte le thé. À l’un la maîtrise et la belle parole, à l’autre le travail domestique. Mais que les deux sortent de la maison pour se balader dans les champs ou pêcher l’anguille, qu’ils collaborent au meurtre d’une tortue qui fera leur repas, alors les positions se renversent. Une cruauté inattendue vient alors pimenter cette variation burlesque sur les rapports divergents à la nature du Japon contemporain. (Nathan Letoré)