Nous nous retrouvons pour la 33e édition du FIDMarseille. Quel plaisir de renouer enfin cette année avec une édition à la mesure des précédentes, avant la crise sanitaire. Le Festival se déroulera dans des lieux déjà investis précédemment mais vous permettra aussi d’en découvrir de nouveaux, fruits de partenariats récents permettant d’inscrire toujours mieux le festival à Marseille et dans la Région Sud.
Un bébé se fait donner le bain par sa maman, qui chante en le lavant : « Quand j’étais une jeune fille… ». Plus tard, une petite fille prendra la suite « Quand je serai une vieille femme… ». Entre les deux, le récit esquisse une anthropologie des rapports de jeu, d’éblouissement, de modifications des perceptions auditives que les enfants peuvent entretenir avec l’eau sous toutes ses formes (bain, arrosage, lacs…). Mais en filigrane se trament d’autres dimensions : exploration de ses significations pour l’homme, kaléidoscope des mouvements, textures et reflets, continuum des échelles sous lesquelles elle se contemple. (Nathan Letoré)
L’île flottante – Juliette Dominati
2021 | France | 20 min
Une femme d’une quarantaine d’années, une jeune adulte, une petite fille : Lola, à trois étapes de sa vie. La plus âgée raconte ses souvenirs qu’incarnent les deux autres, en s’adressant à elles. Sur le plateau s’accumulent des décors de carton-pâte et de papier-mâché aux couleurs vives. Manière de sublimer la violence du souvenir, de transformer le viscéral en représentable ? Les épisodes matriciels s’enchaînent, ayant comme cadre principal la voiture : la mort du frère dans un accident quand Lola avait 6 ans, celle du chien à ses 26 ans, la rupture amoureuse à 30 ans, etc. Cette concaténation de représentations et d’incarnations dessine un destin à toute allure, jusqu’à ce qu’une meute de chiens réintroduise finalement l’imprévisible. (Nathan Letoré)
Preludi Op. 28 no. 2 – Jenni Toikka
2022 | Finlande | 8 min | 35 mm
Une femme, sous le regard d’une autre, commence le Prélude Op. 28 No. 2 de Chopin : la référence est claire, Jenni Toikka retravaille Sonate d’Automne d’Ingmar Bergman. Un mouvement de caméra vient recadrer la pianiste tandis que la musique devient un son intérieur. Le cadre se resserre encore et la pianiste est devenue spectatrice, auditrice : première de plusieurs permutations qui voient se brouiller l’espace et s’intervertir les positions. Le film s’enroule sur lui-même et recommence. De dédoublement en diffraction, une infinité de reflets en huit minutes. (Nathan Letoré)
Bird in the Peninsula – Atsushi Wada
2022 | Japion / France | 16 min
Un petit garçon lance une machine qui semble une version géante de lui-même. Le même petit garçon essaye sans succès d’apprendre une chorégraphie de kabuki. Une petite fille les épie. Un chien hume une odeur. Un oiseau apparaît. Le garçon s’amuse avec le chien… À partir de quelques éléments introduits graduellement, Atsushi Wada organise une circulation de motifs qui se mêlent, se complètent, se recombinent. Le montage part du détail pour révéler ensuite, dans un élargissement du cadre, ce qui a été reconfiguré. Graduellement se fait jour une ronde sur la naissance de la sexualité et de ses terreurs. (Nathan Letoré)