Nous nous retrouvons pour la 33e édition du FIDMarseille. Quel plaisir de renouer enfin cette année avec une édition à la mesure des précédentes, avant la crise sanitaire. Le Festival se déroulera dans des lieux déjà investis précédemment mais vous permettra aussi d’en découvrir de nouveaux, fruits de partenariats récents permettant d’inscrire toujours mieux le festival à Marseille et dans la Région Sud.
Réalisé au sein de l’ancien collectif kyivain « Ruïns collective » – que l’auteur-réalisateur Oleg Isakov a fondé avec Elias Parvulesco et Teta Tsybulnyk (ici producteurs ; cf. aussi Zong) – Room to live est une miniature fictionnelle austère peuplée d’une petite poignée de jeune urbains aliénés. Leurs monologues et dialogues sporadiques errent dans les limbes d’une quasi-communication, et leur aliénation trouve un écho dans les compositions austères et le montage abrupt de cette œuvre sobre, métallique. Isakov se réfère ouvertement (et en toute confiance) à Godard, Yeats et Bach ; mais la voix cinématographique par laquelle il nous parle n’appartient qu’à lui. (N.Y.)
Agua Caliente – Diego Hernández
2022 | Mexique | 1h06 min
Qui a vu Los Fundadores (FID 2021) sait que Diego Hernández transforme avec intelligence le peu de choses à sa disposition en un décor de cinéma, et les quelques amis qui l’entourent en d’exquis personnages. Il poursuit là sa fabrique artisanale dans un film littéralement « fait maison », tourné entre les murs de l’appartement où il était confiné avec sa mère durant plusieurs mois. Celle-ci, malicieuse et complice, se prête volontiers au jeu de la fiction, que le réalisateur s’amuse à instiller par touches, brouillant astucieusement les frontières du réel. Chauffe-eau cassé, anniversaire, demande en mariage, autant d’événements dont on ne sait s’ils viennent réellement bouleverser le quotidien ennuyé, mais qui sont, sans doute aucun, le signe d’une inventivité au travail et d’une intelligence de la mise en scène, aussi joyeuse qu’inspirée. (Louise Martin Papasian)