So Long Michael – Elisabeth Perceval & Nicolas Klotz
Paraìso – Felipe Guerrero
Atados los años engullen la terra – Clemente Castor
Édito
Nous nous retrouvons pour la 33e édition du FIDMarseille. Quel plaisir de renouer enfin cette année avec une édition à la mesure des précédentes, avant la crise sanitaire. Le Festival se déroulera dans des lieux déjà investis précédemment mais vous permettra aussi d’en découvrir de nouveaux, fruits de partenariats récents permettant d’inscrire toujours mieux le festival à Marseille et dans la Région Sud.
So Long Michael – Elisabeth Perceval & Nicolas Klotz
2021 | France | 11 min | 8 mm
« Adieu Michael » : en toute simplicité, un hommage à Michael Lonsdale, décédé en septembre 2020. Filmés quelques mois avant sa mort, les plans cadrent l’immense acteur de très près, d’abord ses mains, puis son visage tandis qu’il lit des textes d’Antonin Artaud et de Plutarque. Le format de l’image change : de numérique, elle passe à la pellicule, puis au négatif, et enfin à une sorte de neige qui laisse à peine percevoir la silhouette de l’acteur. Manière de focaliser le spectateur sur la voix, mais aussi manière de creuser un visage, de le travailler plastiquement, d’en explorer tous les potentialités expressives. (Nathan Letoré)
Paraìso – Felipe Guerrero
2006 | Colombie | 55 min | Super 8
« Paraíso (Paradis) évoque de façon poétique un pays et sa mémoire historique. S’inspirant du mouvement rebelle du Nadaísmo (Néant) des années 60, ce film est un portrait intime de la vie moderne en Colombie. Les personnages qui traversent le film sont des témoins sans défense ; un passé qui les écrase violemment et un présent dans lequel ils semblent être des habitants d’un paradis vulnérable. Le grain doux du Super 8 vibre avec la réalité d’un pays plongé dans sa propre guerre sans fin. »
Felipe Guerrero
Atados los años engullen la terra – Clemente Castor
2022 | Mexique | 40 min | 16 mm
Dans Príncipe de Paz (FID 2019), de jeunes mexicains vaquaient, entre nature et ville, confrontés à l’énigme d’un squelette géant. Atados los años engullen la terra reprend ces motifs et les concentre en deux figures : un jeune homme et une jeune femme, nés d’un volcan dont l’éruption, dans le majestueux premier plan, est annoncé par le dérèglement chromatique de l’image. Lui, erre dans la jungle et s’ouvre à la perception des sens. Elle, se confronte à la dévastation du monde naturel par l’homme, avant de s’ouvrir à la société et à la compassion. Dialectique de l’immense et de l’intime, du naturel et du social, du temps quotidien et du temps du mythe : entre énigme cosmique et splendeur visuelle, le cinéma de Clemente Castor avance à pas de géant. (Nathan Letoré)