Samedi 23 mai 2026 · 19h00
Édito
Au croisement de plusieurs genres cinématographiques (film scientifique, arts plastiques, cinéma documentaire), Chrysotile raconte, dans un format ramassé, une histoire de l’amiante auquel appartient ce minéral fibreux. Si le film suit une trajectoire maîtrisée, voire clinique, sa forme hétérogène – avec ses différents régimes d’images, ses rapports d’échelles qui troublent la perception et ses « vues » colorées (dans le sens photographique du terme) – introduit cependant une beauté pour le moins inattendue sur un tel sujet, tant ce matériau justement décrié est très toxique pour les humains et l’environnement.
S’ouvrant sur une longue séquence de dépollution d’un site, Chrysotile chemine ensuite d’une carrière à ciel ouvert aux paysages lunaires, à un laboratoire de haute technologie dont les images microscopiques ne sont pas sans évoquer, étrangement, l’immensité de lointaines galaxies. Le film s’arrête ensuite dans une usine de retraitement, avec ses ouvriers équipés de leurs masques et de leurs combinaisons qui renvoient à l’univers codé de la science-fiction. Une séquence où l’on devine aussi, derrière un ensemble de techniques de pointe, des enjeux financiers conséquents.
Mais Chrysotile n’est pas figé dans une esthétique glacée et n’esquive pas les effets délétères de cette roche sur les corps. Accompagnant cette prise de conscience tardive, le film se clôt en effet dans une forme très documentaire qui, par le biais d’une mise en scène nocturne, laisse la parole à d’anciens ouvriers empoisonnés. Il fait entendre leur lutte pour la reconnaissance de leur maladie (des cancers de la plèvre), leur combat pour être indemnisés : un retour à l’humain dans toute sa dignité et sa fragilité.
Chrysotile
de Sarah Del Pino | 2024 | France | 59 min

L’amiante, une roche étrange et chevelue a été disséminée par des humains des décennies plus tôt. Dans l’ombre, des travailleurs en combinaison d’astronautes se préparent à décontaminer et détruire l’amiante. Au milieu de cet empoisonnement, plusieurs générations d’ouvriers se croisent. Quand les uns se révoltent, les autres travaillent sans relâche, entourés d’une nature autant porteuse de vie que destructrice.
Produit par la Société du Sensible
Le film a été sélectionné par l’atelier de programmation TERRESTRE, composé de représentants de FNE PACA, Peuple et Culture Marseille, Opera Mundi, le GREC Sud, ainsi que par Matthieu Duperrex, philosophe et Élise Boutié, anthropologue.
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