Édito

 

En 1959, la guérilla menée par Fidel Castro et les barbudos renverse le dictateur Batista. Le cinéma lui aussi fait sa révolution, un cinéma qui se veut égalitaire et novateur. Très vite, le nouveau pouvoir crée l’Institut cubain du cinéma (l’ICAIC), animé par de jeunes et talentueux cinéastes férus de modernité cinématographique, comme Santiago Álvarez, Tomás Gutiérrez Alea, Julio García Espinosa ou Sara Gómez. Du côté de la fiction, ils tournent le dos au réalisme socialiste et revisitent le néoréalisme, le surréalisme buñuelien et la politique des auteurs. Du côté du documentaire, ils lorgnent du côté de Dziga Vertov et du cinéma direct. Leurs films livrent un formidable instantané de la société cubaine des années 60, en faisant une place, devant et derrière la caméra, aux dominés et aux exploités, aux femmes et aux noirs. Ils enregistrent aussi les soubresauts de l’époque, en dénonçant la politique nord-américaine à l’intérieur (sort des minorités aux USA) et à l’extérieur (tentatives d’invasion de Cuba, guerre au Vietnam, néocolonialisme en Afrique et en Asie). Dans ce contexte, des alliances se nouent avec les cinéastes progressistes étrangers comme Chris Marker, Agnès Varda, Joris Ivens, Roman Karmen ou Mikhaïl Kalatozov.

C’est dés lors que les opérateurs, les techniciens et les cinéastes absorbèrent les expériences les plus significatives de l’après-guerre. L’éthique du néoréalisme italien, le formalisme baroque du cinéma soviétique, l’esprit contestataire du Free Cinema anglais, l’expérimentation formelle de la Nouvelle Vague française, l’anticolonialisme tropical du Cinema Novo brésilien ou la réflexivité du cinéma direct sont autant d’influences qui une fois assimilées ont pu constituer un répertoire d’images et de motifs proprement cubains.

La production documentaire joua un rôle central dans l’affirmation du cinéma cubain, encouragée dans un premier temps par la fondation de L’ICAIC dont Castro voulut qu’il fut un fleuron dans la production d’un cinéma transcendant la question de la propagande. Dans les quinze premières années de l’ICAIC la célèbre phrase de Castro « Dans la Révolution, tout ; contre la Révolution, rien. » fut de toute évidence comprise comme la possibilité d’un manifeste esthétique puissant et cela particulièrement dans le cinéma documentaire.

Dans le même temps l’expérience politique cubaine a exercé un phénomène d’aimantation sur des cinéastes engagés dans l’espoir révolutionnaire lenino-marxiste. Dans la décennie des années 60, Beaucoup d’entre eux viendront faire des films à Cuba, encouragés par les nouvelles institutions misent en place par Castro et guidés par l’enthousiasme provoqué parmi les militants du monde entier. Durant cette période vont donc s’entrecroiser le nouveau cinéma cubain et beaucoup des mouvements avant-gardistes du cinéma mondial, chacun revendiquant une vision de la réalité cubaine et la modelant selon son propre manifeste esthétique.

Ce programme en 6 séances entend rassembler les principaux cinéastes et documentaristes qui ont jeté les bases du cinéma cubain et qui ont incarné le bouillonnement esthétique et politique des ces années où l’on rêve à une révolution dans la révolution…


Les séances seront présentées par Sylvain Dreyer :

Agrégé de lettres et maître de conférences en littérature et cinéma à l’Université de Pau, il a aussi enseigné à l’Université Paris 7 Diderot et au Collège universitaire français (Moscou). Ses travaux portent sur le témoignage, l’engagement et les formes documentaires. Il est l’auteur de Révolutions ! Textes et films engagés. Cuba, Vietnam, Palestine (Armand Colin, 2013). Il a co-dirigé Littérature et cinéma en miroir (PUPPA, 2013), La Critique à l’écran I. Les Arts plastiques (Septentrion, 2018) et La Critique à l’écran II. Filmer la littérature (Septentrion, 2021). Il réalise aussi des films documentaires.


Les séances du cycle 

 

 

Cuba années 60 : la révolution cinéma | Internationalisme
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Les séances de cinéma
Videodrome 2 | 49, cours Julien | 13006 Marseille

Dans le cadre du cycle Cuba années 60

Hasta la victoria siempre de Santiago Alvarez | 1967 | Cuba | 20 min 

Cuba si ! de Chris Marker | 1961-1963 | France | 52 min | pellicule 16mm

Séance présentée par Sylvain Dreyer

Cuba années 60 : la révolution cinéma | Combats dans l’île
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Les séances de cinéma
Videodrome 2 | 49, cours Julien | 13006 Marseille

Dans le cadre du cycle Cuba années 60

Muerte al invasor de Santiago Alvarez | 1961 | Cuba | 15 min

Historias de la révolucion de Tomàs Gutiérrez Aléa | 1960 | Cuba | 1h20 

Séance présentée par Sylvain Dreyer

Cuba années 60 : la révolution cinéma | Ironie politique
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Les séances de cinéma
Videodrome 2 | 49, cours Julien | 13006 Marseille

Dans le cadre du cycle Cuba années 60

L.B.J. de Santiago Alvarez | 1966 | Cuba | 18 min

Aventuras de Juan Quin Quin de Julio Garcia Espinosa | 1967 | Cuba | 1h47 

Séance présentée par Sylvain Dreyer

Cuba années 60 : la révolution cinéma | Colonisés de tous les pays...
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Les séances de cinéma
Videodrome 2 | 49, cours Julien | 13006 Marseille

Dans le cadre du cycle Cuba années 60

Now ! de Santiago Alvarez | 1965 | Cuba | 6 min

La bataille des 10 millions de Chris Marker | 1970 | France | 58 min

Séance présentée par Sylvain Dreyer

Cuba années 60 : la révolution cinéma | Portraits de femmes
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Les séances de cinéma
Videodrome 2 | 49, cours Julien | 13006 Marseille

Dans le cadre du cycle Cuba années 60

Lucía de Humberto Solas | 1968 | Cuba | 2h40

Séance présentée par Sylvain Dreyer

Cuba années 60 : la révolution cinéma | Une épopée moderne
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Les séances de cinéma
Videodrome 2 | 49, cours Julien | 13006 Marseille

Dans le cadre du cycle Cuba années 60

Soy Cuba de Mikhaïl Kalatozov | 1964 | URSS | 2h21

Séance présentée par Sylvain Dreyer

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