Le Videodrome2 accueille pour sa deuxième édition la Semaine des Magies.

La Semaine des Magies est un festival pluridisciplinaire qui navigue entre les différents sujets de l’occulte. Sous forme d’ateliers, conférences, projections, concerts et performances, les différents.es intervenants.es de l’édition 2019 vous présenteront leurs pratiques, recherches, techniques et découvertes des mondes de l’invisible.

En ces temps d’engouement médiatique pour “la figure de la sorcière”, nous avons créé ce festival pour redonner la parole aux sorciers.eres, auteurs.es, magiciens.ennes, occultistes & artistes plasticiens.ennes pour qui la Magie fait partie prenante de leur quotidien, constitue un système d’interprétation de notre réalité, ainsi qu’une façon effective de la transformer. Nous voulons leur donner l’occasion de se réapproprier le discours dominant sur la question, et le partager avec tout public intellectuellement curieux de celle-ci.


15h30

Alphonsine

de Matthieu Raulic, 2015, 11min + film en cours

“La vielle dame ne se plaint ni de son âge, ni de son chien qui tourne sur lui-même comme un diable, ni de la misère où elle semble vivre. D’ailleurs, elle ne se démonte pas quand un intrus à poil ras et longue queue fait enrager Poussin et effraie la visiteuse qui a apporté du poulet… Elle déplore juste le fait qu’il pleuve, et encore, ne fait-elle que le noter : “Tiens, pour changer, il pleut.” On est heureux de rencontrer Alphonsine, quand bien même aurions-nous peur des sorcières et des bêtes qu’elle attire…”

Jacques Deschamps
( sur Tënk )

 

Matthieu Raulic est né en 1992. Il sort diplômé en 2015 de l’Institut des arts de diffusion de Louvain-la-Neuve (IAD). “Alphonsine” est son film de fin d’études. Depuis, il a participé à plusieurs projets en tant que chef opérateur en fiction et en documentaire. Il affirme dans ses projets en cours son goût pour l’exploration de l’intime en menant un travail sur la photographie, notamment en manipulant des documents de famille.


16h30

Un temps avec Camille Ducellier ses films et sa parole

Sorcières mes soeurs
2010, 30min

Sorcières Wicca
2016, 9min

Sorcières Queer
2016, 12min

Sorcières, hameçons du diable, tisons d’enfer… Quelles sont ces femmes qui incarnent le danger des époques ? Féministes pour sûr, souterraines parfois et singulières dans leur démarche, voilà quelques sorcières d’aujourd’hui, qui ont croisé mon regard..

 

Artiste multimédia, Camille Ducellier se passionne pour la figure de la sorcière contemporaine. Si les formes artistiques peuvent varier – documentaire, art interactif, installation sonore -, les sorts sont bien toujours les mêmes : rêver l’obscur, dévoiler les corps, relier le politique au spirituel.


18h15

Pagan Variations

de Aj Dirtystein, 2015, 1h

Long-métrage qui reprend la performance « Je tombe avec toi » pour en faire une œuvre de fiction dans laquelle la performance sert de portail pour traverser un seuil et entrer dans notre inconscient collectif où toutes les rencontres constituent les vingt-deux arcanes du tarots de Marseille. Chaque facette représente une part de soi à découvrir à travers la performance d’un « autre ». Tous les performeurs et performeuses du film constituent un réseau d’artistes ayant leur propre démarche et invitent à voir la création comme une arborescence infinie.


Night of Pan

de Brian Butler, 2009, 7min

Brian Butler est réalisateur, musicien, et occultiste. Quand il ne parcourt pas le monde avec Kenneth Anger, il habite à L.A. dans une maison devant laquelle trône un foetus de lama séché. Vous pouvez dire tout ce que vous voulez sur Anger et ses délires à la Crowley, vous ne nous empêcherez jamais de penser que ses films ont quelque chose de vraiment “magique”. Ou allez, disons au moins, “amusant”.

On a discuté avec Brian d’états de conscience altérée et de son nouveau film, Night of Pan, avec Vincent Gallo et Anger, qui a été diffusé dans le cadre des projections de Aaron Rose chez Roerts & Tilton à Los Angeles, et qui est passé à Londres samedi au Horse Hospital.

Vice : Comment t’as rencontré Kenneth Anger ?

Brian Butler : On a des potes en commun. À cette époque, je tournais des shows pour Disinformation et je voulais entrer en contact avec Kenneth pour qu’il apparaisse dans l’émission. Un jour avant que je me barre de New York, j’ai rendu visite à un vieux pote ; et il se trouve qu’il connaissait Kenneth.

 Et Vincent Gallo ?

J’ai rencontré Vincent par l’intermédiaire d’un producteur à Los Angeles. À l’époque, il devait jouer le rôle de Charles Manson. Je revenais tout juste de Portland après avoir interviewé Bobby Beausoleil, donc on a parlé de ça. On est restés en contact et on est devenus amis.

Est-ce que tu as bossé avec Vincent sur d’autres trucs ?

Pas officiellement. On a bossé sur des sons ensemble, et j’étais avec lui quand il tournait Brown Bunny. Night of Pan, c’est notre première collaboration officielle.

“Night of Pan”, ça fait référence à un état d’illumination mystique, décrit par Aleister Crowley. Je sais qu’Anger est fan à-la-vie-à-la-mort de Crowley et de l’Ordo Templi Orientis. Et toi, comment t’es entré dans ce délire ?

J’ai senti qu’il avait une certaine présence, un espèce de magnétisme se dégage des photos de lui. Comment ses livres ont été publiés – surtout Magick in Theory and Practice – , l’agencement, et la façon qu’il a de parler de magie est vraiment méga puissante… J’ai senti que je pouvais entrer en connexion avec cette énergie. Il a été une légende toute sa vie durant.

Est-ce que tu dirais qu’Aleister Crowley vous réuni, toi, Kenneth Anger et Vincent Gallo ?

Oui, complètement. On avait tous un intérêt pour l’occulte, donc il y a eu d’emblée cette compréhension entre nous sur le plateau, qui a permis aux choses de couler de source. Ils tenaient le truc. Ils sont entrés dans le personnage. Vincent a été impressionnant. Tout a été tourné en une prise. Il partait avec le personnage et revenait avec dans la tête tout l’univers qui lui correspondait. Vincent se transformait complètement. Il était assis là, et dès que les caméras commençaient à tourner, un truc se passait. C’est un bon exemple pour illustrer à quel point tu peux modifier la conscience des gens autour de toi. Quand une performance est intense, c’est comme une hypnose. Tu arrives à un certain état d’esprit et ta présence amène les gens autour de toi à te suivre.

Est-ce que le film est foutu de façon à emmener les spectateurs dans le même univers ?

C’est un des objectifs, et ça marche à un certain niveau pas forcément apparent au premier abord, pour le spectateur. J’ai montré le film en privé à plusieurs personnes, et elles ont expérimenté plus tard des choses étranges, qu’elles relient au film. Par exemple, une amie à moi, qui tient une grande galerie à Los Angeles, elle l’a vu et quelques jours après elle m’a dit “tous ces trucs occultes, ça me fait péter un câble. Je ne peux pas te parler”. Et elle ne m’a plus parlé pendant plusieurs mois. Il y a quelques temps, on s’est recontactés, et elle m’a raconté qu’en rentrant chez elle ce soir là, elle a vu un mille-pattes géant sur son mur. Elle s’est expliqué ça par le fait d’avoir visionné le film. Pour moi, cette histoire semblait tout droit sortie du Festin Nu, ou un truc du genre. Le film est fait pour modifier ta perception des choses. En un sens, c’est comme une formule magique, je pense.

Est-ce qu’il y a d’autres films, selon toi, qui font le même effet ?

Ouais, y’en a quelques uns. La version originale de Faust, Die Nibelunger de Fritz Lang, les travaux de Harry Smith, et Kenneth Anger, bien évidemment. Ces films créent des atmosphères très lourdes.

Que réponds-tu aux critiques de base des gens contre l’occulte ? Tu sais, genre “ce type est cinglé”, “tissu d’absurdités !”, ce genre de trucs ?

L’occulte est défini comme les hautes sphères de l’esprit. Ce sont des trucs qui peuvent ne pas être compris d’un point de vue scientifique, aujourd’hui. C’est une sorte d’intuition, un truc avec tes instincts, une interprétation à différents niveaux, une façon d’appréhender le monde. Une grosse partie de mon travail entretient un rapport avec un degré caché de l’esprit, ça n’a pas grand chose à avoir avec l’ego ou la personnalité, il s’agit plutôt d’un niveau symbolique et subconscient. Le gars qui vivait dans la maison dans laquelle on a tourné Night of Pan a vécu des trucs étranges, qu’il relie au film. Jusqu’à ce qu’on termine le tournage, un dibbouk, ce démon qui apparaît sous une forme humaine, n’a pas arrêté de se manifester dans sa vie. Il a été à La Paz sur le marché de la sorcellerie, et m’a ramené un foetus de lama, censé me protéger de ces trucs en lien avec le film.

Cool ! Qu’est-ce que t’en as fait ?

Je l’ai mis devant ma porte pour protéger ma maison.

Est-ce que le truc est fixé comme une mezouza ? Ou tu gardes ça dans un petit sachet ?

C’est petit, c’est juste un petit truc. On dirait un hippocampe, avec un fil dessus. C’est juste à côté de ma porte, sous un auvent.

Margo Fortuny ( pour Vice )


20h30 présenté par le réalisateur

Dark Shaman

de Kazim Malevtich

Graphisme, sorcellerie et magie du chaos… Kazim invoque les forces primaires tapies au plus profond de l’inconscient humain pour ouvrir une fenêtre sur l’horizon magique de ce début de millénaire.

Fruit de ses expéditions dans les zones liminales de notre conscience, ses créations fonctionnent comme autant de sorts, d’attrape-rêves dispersés aux détours de la toile en attendant l’éveil.


22h00

Ciné Concert Häxan (avec l’Asile 404)

De Benjamin Christensen, 1922, 35mm, 1h16

Tourné la même année que Nosferatu de Murnau, Häxan, que l’on peut considérer comme l’un des tous premiers films d’horreur, est l’une des oeuvres importantes du cinéma muet en même temps qu’un magnifique plaidoyer contre le puritanisme et les obscurantismes de tous bords.

Dans l’esprit de Jérôme Bosch et de Goya, Häxan est une reconstitution hallucinante des aberrations médiévales en matière de sorcellerie : diable lubrique, nonnes masochistes, vierge s’offrant au démon, sabbat aux allures d’orgie, vieille femme venimeuse, inventaire d’instruments de torture…  Par une suite insolente de tableaux piquants, le film de Benjamin Christensen évoque les origines de la sorcellerie, le Ciel, l’Enfer, la barbarie de l’Inquisition et dresse un parallèle éclairé entre sorcières du Moyen-âge et internées psychiatriques de l’époque contemporaine. Foisonnement d’images gothiques, amour du grotesque, appétit insatiable du détail, détachement malicieux : tout concourt à faire de cette fresque expressionniste un grand moment de cinéma.


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