Ce mois-ce, nous faisons place au cinéma et à l’histoire chilienne avec le cycle Chili ; utopies, clivages et trahisons. En parallèle, les séances jeune public invitent à leur tour à poser un regard sur l’histoire de ce pays, et sur le cinéma d’animation qui en est issu. Ainsi, ce mercredi, Mon ami Machuca permettra aux plus grands enfants d’aborder la fin de l’époque Allende et l’époque du coup d’Etat. Puis, mercredi et samedi prochain, 2 séances de courts-métrages d’animation, dont certains reviennent aussi sur cette histoire douloureuse.

Mon ami Machuca

Andrés Wood – 2004, Chili, 2h

Gonzalo Infante, issu des beaux quartiers, et Pedro Machuca, qui survit dans un bidonville, tous deux âgés de onze ans se rencontrent sur les bancs de l’école grâce à l’initiative idéaliste du Père Mac Enroe : permettre aux enfants de milieu défavorisé d’intégrer le collège catholique très huppé qu’il dirige. Son but : apprendre à tous le respect et la tolérance au moment où le climat politique et social se dégrade dans le pays… De cette atmosphère fiévreuse naît une amitié profonde entre les deux garçons qui partagent un premier amour, des rêves de justice et un instinct de rébellion. Ensemble, ils seront les témoins impuissants du coup d’Etat sanglant qui signe la fin de l’époque d’Allende…

“Le scénario puise dans les souvenirs du cinéaste, qui avait 8 ans à l’époque et qui a connu la période où, pour la première fois au Chili, des élèves indiens défavorisés étaient intégrés dans des classes de collèges rupins. Cette nouvelle promiscuité sociale et ethnique reposait sur un postulat optimiste que les forces réactionnaires vont vouloir à toute force démentir. Les personnages principaux sont deux gamins, l’un des beaux quartiers, Gonzalo Infante, l’autre, Pedro Machuca, issu d’un bidonville.
(…) L’amitié entre le riche et le pauvre aurait pu donner lieu à un récit mièvre, orAndrés Wood  parvient, en suivant les règles d’un récit classique, à brosser à travers les points de vue des deux enfants un tableau de la société chilienne de l’époque.
La figure du prêtre rouge américain, le père McEnroe, le petit copain fascisant de la soeur de Gonzalo, les camarades d’école plus cons encore que leurs parents («bourges de merde», comme les désigne Silvana, la rage au coeur)… Les événements politiques, la crise économique, les tensions interparties ne servent pas ici de toile de fond aux péripéties enfantines de l’action principale du film. Il s’attache au contraire à montrer comment, dans le détail du quotidien des enfants, les choix politiques des adultes sont décisifs, comment ils peuvent plus ou moins se défendre contre les a priori idéologiques de leurs parents puis redevenir impuissants quand tout bascule et que l’armée dicte les nouvelles règles.”
Didier Péron / Libération 22 mai 2004

“… Andrés Wood nous touche en prenant – avec beaucoup de sensibilité – le parti des enfants face à des adultes qui cultivent préjugés et inégalités, hypocrisies et mesquineries. (…)
A travers une reconstitution des années 70 très juste, Andrés Wood décrit une société chilienne étouffante, minée par les tensions. La belle amitié de ses personnages est vite rattrapée par l’amertume d’une vie où tout devient politique, où chacun est d’abord un ennemi de classe. Même leur flirt avec la jeune cousine de Machuca perd son innocence, quand l’initiation sentimentale et ses jeux improvisés, joliment décrits, croise le destin tragique de tout un pays. Cette manière décalée d’aborder la réalité historique fait toute l’originalité du film. Mais, jusque dans les moments les plus convenus, Andrés Wood garde cette générosité du regard où l’on sent l’influence (revendiquée) de Truffaut et de Louis Malle. On pense en l’occurrence beaucoup à Au revoir les enfants. Référence heureuse.”
Frédéric Strauss / Télérama n° 2871 – 22 janvier 2005

 


 

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