Avec Hugo et Joséphine, “Kjell Grede a réalisé quelque chose d’aussi rare au cinéma qu’une étude de l’enfance dans laquelle le monde est vu par les enfants, où le conte et la réalité deviennent deux aspects de la même chose fantastique et où la poésie bizarre des objets colore toute la vie.”
Sorti en 1968, ce classique du cinéma suédois, primé alors dans de nombreux festivals, est peu connu chez nous et ressort fort heureusement aujourd’hui.
Ce conte solaire est aussi bien un film d’adultes pour enfants, qu’un film d’enfants pour adultes. Il a cette qualité immense et rare de scruter et d’écouter le pays des enfants, de nous emmener dans leur découverte du monde et de l’amour.


Hugo et Joséphine

Kjell Grefe – 1968, Suède, 1h22

Fille d’un austère pasteur protestant et d’une mère débordée, la petite Joséphine, sept ans, vit au milieu d’une nature riante, dans la campagne suédoise. Mais elle s’ennuie, elle n’a personne avec qui jouer. Un jour lors d’une promenade avec Gudmarsson, le jardinier, bourru mais chaleureux, elle fait la connaissance de son neveu Hugo, un petit garçon de son âge, rêveur et fantasque. C’est la rentrée des classes, mais Joséphine a du mail à se faire des copains et Hugo ne trouve pas le temps d’aller à l’école, perdu dans ses innombrables aventures dans la forêt…

Kjell Grede parle de son film

Lorsque, par hasard, j’ai lu des livres de Maria Gripe, je me sentais comme un enfant, et je trouvais agréable d’éprouver ce sentiment. Et, plus il était agréable de se retrouver enfant, plus il était ennuyeux de se savoir adulte.
C’est alors que j’envisageais de prendre des grandes vacances avec deux enfants et une caméra. (…) Je vois le film comme un essai. Une tentative de comprendre si les enfants s’occupent des grandes personnes. Les enfants s’intéressent-ils aux grandes personnes ? Ou seulement aux situations, au suspense, aux voleurs et aux gendarmes, aux pots de confitures renversés qui se cassent et barbouillent tout le monde ? Evidemment, on tient généralement pour acquis que les enfants forment un groupe. Un groupe avec une seule tête, une grande tête d’enfant. Tout le monde sait que c’est faux. Et pourtant, quand on dit «les enfants», on veut dire les enfants en général.
On a le droit de poser des exigences en ce qui concerne les films pour enfants. Comme pour les autres films. Je voudrais que mon film provoque un dialogue entre adultes et enfants ; qu’il soit possible de parler du film lorsque le rideau est tombé. (…) Cette expérience vaut la peine d’être tentée, car parler la langue des enfants et être apprécié des grandes personnes, c’est plutôt difficile.
Ce que je viens d’écrire ne s’est manifesté, pendant le tournage, que comme une sensation imprécise en moi-même ; quelque chose qui m’a poussé à faire certains choix, sans que je sache exactement pourquoi. Mais après, lorsque j’ai vu le film, j’ai compris ce que je voulais dire.

Avant la première, j’ai montré le film à deux enfants. L’un deux a dit ensuite qu’il était drôle, parce que c’était comme un dimanche matin quand on est couché et que l’on pense à un tas de choses sans savoir si l’on est éveillé ou si l’on rêve.
– Non, ce n’était pas un rêve, a dit l’autre enfant.
– Mais Hugo avait de drôles de pantalons, a-t-il ajouté…
“Pas un rêve, bien que l’on ne soit pas sûr d’être réveillé”. L’enfance. Du cinéma.

 


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