Allô Danièle ? À la recherche des ondes lesbiennes

 

Danièle Cottereau, 72 ans, était animatrice et productrice des premières émissions radio lesbiennes et féministes sur la bande FM. De 1982 à 1984, Radio Fréquence Gaie, était la seule radio au monde à diffuser des contenus faits par et pour homosexuel-le-s 24h/24. Serena Sobrero en fait le récit.

Une expérience signée Serena Sobrero, réalisée par Annabelle Brouard.

Des médias exclusivement destinés à la population homosexuelle, et aux lesbiennes en particulier, apparaissent dans les années 80. Pourtant, il n’existe quasiment pas d’archives sonores de la période militante de Radio Fréquence Gaie et les émissions lesbiennes sont introuvables. Serena Sobrero a réalisé ce travail de mémoire et d’archives pour pallier cet oubli.

Deux cassettes audio enregistrées par une auditrice constituent, pour l’instant, l’unique archive sonore de ces émissions lesbiennes : quatre heures d’enregistrement qui constituent des archives inédites.
Sur un magnéto, on peut entendre des extraits à l’humour et à la liberté de ton incroyable : des femmes lesbiennes qui parlent d’amour, de sexualité, de féminisme, de littérature, de vie quotidienne à des centaines d’autres femmes. Le but était de montrer, selon l’animatrice, que ce n’était pas triste d’être lesbienne !

L’écoute de ces émissions représentait pour les auditrices, en mal de modèles et de représentation, et bien souvent en proie à la solitude, le premier lien avec la communauté lesbienne, avant l’époque d’Internet et des réseaux sociaux. Danièle Cottereau a d’ailleurs reçu des centaines de lettres d’amour de ces auditrices, qu’elle estime « plus belles que celles de ses amantes », symbole de ce lien intime que la voix créée avec les auditrices.

Pour l’animatrice de ces émissions, c’était un plaisir de « communiquer avec des milliers de gens, comme une famille perdue de vue, qui nous écrivent, nous téléphonent […]. Il y avait un profond désir de communiquer et d’être entendue… ». Les femmes homosexuelles sont victimes d’un double oubli, en tant que femmes mais aussi en tant que lesbiennes. Cette plongée dans l’histoire médiatique lesbienne tente de (re) construire une mémoire individuelle et collective essentielle afin de savoir d’où nous partons et finalement, vers où nous allons.

 

Les médias lesbiens permettent, entre autres,  de briser le silence, se dire, se revendiquer lesbienne. Ils traduisent le besoin élémentaire de se rencontrer, d’échanger. Lieu de paroles, et d’échange d’intimités, ils expriment cette immense joie à se voir, à mettre fin à l’invisibilité et aux silences étouffants. Parler et écrire sont alors nécessaires pour une réappropriation de l’histoire personnelle, pour dire ce qui n’a jamais été dit. Écrire ces récits, les publier, les partager permet de se nommer, de se constituer, de passer du registre de la confidence intime à la revendication d’une existence collective, de dire un nous, de mettre un « s » à lesbiennes.

Suzette Robichon, « La presse des lesbiennes, un des moteurs de notre histoire ? », issu du colloque « Mouvement des lesbiennes, lesbiennes en mouvement », 2010

Informations pratiques

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La billetterie ouvre 30 minutes avant le début de chaque séance.


Tarif de la séance

Nous pratiquons le prix libre (chaque personne paie ce qu’elle veut/peut/estime juste).

Nous croyons au prix libre comme possibilité pour chacun.e de vivre les expériences qui l’intéressent et de valoriser le travail accompli comme il lui paraît bienvenu.

L’adhésion à l’association est nécessaire pour assister aux projections, elle est accessible à partir de 5€ et valable sur une année civile.

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