Depuis que nous avons annoncé la projection des Dieux du stade, nous recevons nombre de messages amusés et gênés. “Ah, les masques tombent, vous assumez votre position droitière…” -rires amusés-  “Quoi, ce film nazi !!!???” -gargarismes et bruits d’étranglement-, etc.
C’est qu’effectivement, le cinéma de Léni Riefenstahl est gênant et dérangeant. Son travail est à juste titre considéré comme propagandiste du régime nazi, dont elle était thuriféraire.

Seulement voilà : lorsque des millions de personnes regardent des retransmissions de rencontres sportives (et cet été 2016, des millions de personnes regardent des retransmissions télévisées de rencontres sportives), regardent-elles vraiment autre chose, des images d’une autre nature, que celles que Léni Riefensthal tourna lors des jeux Olympiques de 1936 à Berlin ?  Il ne s’agit pas d’être simpliste. Dire que les Jeux Olympiques de Rio 2016 sont un moment du nazisme dans le monde n’a pas de sens. Dire que les réalisateurs télés qui vont filmer les jeux de Rio sont des esthètes idéologues du nazisme n’a pas de sens. Mais constater que les méthodes cinématographiques sont à bien des égards semblables, que l’apologie des corps et de la victoire est à l’oeuvre de manière identique demain à Rio, comme hier à Berlin, quand il s’agit de filmer des athlètes, poser la question de la distance qu’en tant que spectateur nous avons devant la retransmission d’un cent mètres, cela peut avoir du sens :  quelle distance nous faut-il prendre devant les images de Riefensthal, quelle distance prenons-nous devant celle de Canal Plus ? Comment se placer, que regarder ?

Jonas Mekas a dit des Dieux du stade : « Si vous êtes un idéaliste, vous y verrez de l’idéalisme ; si vous êtes un classique, vous verrez dans ses films une ode au classicisme ; si vous êtes un nazi, vous y verrez du nazisme. »


20h30

Les Dieux du stade

Léni Riefensthal, Allemagne, 1938, 3h40, VostFr

 

 

 

 

 

 

 

1936. Berlin accueille les Jeux Olympiques. Hitler décide d’en faire le moment de triomphe de ces idées raciales, de la santé de la jeunesse allemande. Il confie à Léni Riefensthal le soin de réaliser un film sur ces Olympiades, et lui accorde des moyens quasi illimités.
Rails de travelling le long des pistes de courses, montgolfières – drones de tournage, caméras catapultes, plans de foules et des visages de jeunes gens dans l’effort, corps luisants et muscles saillants, dramaturgie de la victoire, drapeau à la croix gammée flottant au vent.
Jesse Owens, petit fils d’esclave, américain, remporte quatre épreuves.


 

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