Quand le capitalisme, la guerre et la misère en auront fini de nos désirs, il s’agira de donner la part belle aux fantasmes et le pouvoir à l’imagination.
Nous poursuivons donc notre programmation intitulée La révolution du désir avec des films contemporains.
Dans le documentaire I don’t want to sleep with you I just want to make you hard gros plans sur les coupes de champagne, robes de soirée et sourires gênés. Un jeu de séduction artificiel dans lequel hommes et femmes semblent trouver de l’intérêt.
Autre regard sur le monde d’aujourd’hui, Isola de Fabianny Deschampsest un conte, une œuvre d’art, un film expérimental qui introduit des séquences documentaire. Il est né du constat qu’a fait la réalisatrice de ce que les images de migrants nous étaient délivrées par les médias sans ressenti. Une femme enceinte est seule sur une île, plongée dans une réalité qui lui semble étrangère, elle attend son mari. Nous sommes dans un univers magique, un monde à la fois poétique et violent, une grotte dans laquelle il est impossible de se comprendre, un rêve auquel chacun croit pour avoir une raison de vivre.


I don’t want to sleep with you I just want to make you hard
de Momoko Seto – 2016, France, 30 min, VOstFR

Dans un bar, des filles légèrement vêtues et des hommes en costard-cravate se rencontrent pour la première fois. Elles sont là pour leur tenir compagnie et ne semblent pas s’opposer à la drague ouverte. Ils boivent, s’amusent et passent la nuit dans ce bar, nouant des relations ambigües, s’adonnant à des jeux lascifs et des conversations pleines de sous entendues. Sans aller jusqu’au rapport sexuel.

“Difficile d’être un col blanc dans le monde du travail sans pitié et ultra compétitif du Japon postmoderne et capitaliste. “Girls just want to have fun”, dit la chanson, mais les hommes semblent avoir le même besoin pressant. Lorsque votre travail vous tue, il existe pourtant des moyens d’évacuer la pression. Cadres las et maris épuisés s’en remettent alors à des hordes de filles terriblement sexy dont la mission est de les divertir avec des fantaisies érotiques qu’ils n’osent pratiquer avec leurs épouses. Ces hôtesses légèrement vêtues travaillent dans des Kyabakura où elles entretiennent des discussions légères avec leurs clients à propos de sous-vêtements, de lingerie et de forfaits sexuels imaginaires et douteux. Attouchements interdits. Tout est dans la parole et l’imagination. Un film sur le sexe à l’état de marchandise : des hommes effrayés par les femmes se raccrochent à l’idée qu’il faut payer pour dominer. Ces transactions financières, substitut d’une virilité idéale, reflètent l’ultime marchandisation des relations et du désir. Un regard amusé sur un monde triste”. Giona A. Nazzaro pour Visions du Réel

Momoko Seto est née en 1980 à Tokyo, Japon. Après avoir été scolarisée au Lycée français de Tokyo, elle vient en France suivre les études d’Art à l’École supérieure des beaux-arts de Marseille, puis au Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains.
Parallèlement à son travail en tant que réalisatrice de film au CNRS, elle réalise des films expérimentaux, mélangeant différents genres, qui proposent de créer un univers poétique et singulier à partir des éléments du quotidien.
Momoko Seto a réalisé de nombreux courts-métrages et documentaires qui ont été présentés et récompensés dans plusieurs festivals internationaux (Berlinale, Locarno et Rotterdam Film festivals).
Elle vit et travaille en France.

 


Isola
de Fabianny Deschamps – 2016, France, 1h33, VOstFR
avec Yilin Yang, Yassine Fadel, Enrico Roccaforte

Sur une île perdue entre Afrique et Europe, Dai, une jeune chinoise enceinte, s’est échouée comme par magie. Chaque jour, elle scrute les visages des migrants qui débarquent par milliers, espérant parmi eux retrouver le père de son enfant. Tandis que le paradis insulaire se meut peu à peu en un cimetière balnéaire, Dai doit se réinventer pour survivre. Elle trouve alors refuge dans une grotte, une enclave où l’imaginaire est roi, où elle et son enfant à venir pourront peut-être résister à la violence du monde qui gronde au dehors.

Cette histoire de tremblement de terre que raconte Dai, dans lequel elle aurait perdu sa famille lors de son enfance en Chine, on ne sait pas si c’est vrai ou faux. A-t-elle inventé cette histoire pour rendre supportable la précarité de sa vie dans la grotte ? Ou vit-elle dans une grotte parce qu’elle vient de là ? Je ne résous pas cette question car je n’ai pas la réponse non plus. Comme dans New Territories, je navigue entre deux mondes, réel et irréel. Pour moi le personnage de Hichem (Yassine Fadel) n’est pas tel qu’il est donné à voir dans le film. Pour moi, quand Dai le trouve sur la plage, il est mort, et comme une espèce de Frankenstein elle le ramène à la vie par la puissance de son imaginaire. Ce qui est donné à voir, l’absurdité de cet homme enfermé dans une cage, n’existe pas, c’est une figure, une vue de l’esprit, c’est pour ça que la libération de ce personnage est une scène hallucinée. Le principe de réalité brise l’illusion de ce petit théâtre souterrain. Le rapport entre le tangible et l’intangible est une question qui me passionne, c’est pour cela que dans mes deux longs métrages le point de vue est celui de personnages qui ont un rapport perturbé au réel. Cela contient un mal être au monde mais rend hommage également à la puissance de l’imaginaire sur ce dernier. Ça fait presque vingt ans que je fais des films, j’ai fait six courts métrages, des pièces de théâtre, des textes, et je raconte toujours la même histoire, je creuse ce sujet qui m’obsède, mouvant par essence et donc insaisissable.” Extrait de l’interview de Fabianny Deschamps par Marion Pasquier pour Critikat

Née en 1975, Fabianny Deschamps étudie le théâtre sous ses aspects pratiques et théoriques durant 12 ans dans des compagnies de création, puis au Conservatoire, au Cours Florent et à l’université avant de se destiner à la  mise en scène.
Elle débute au théâtre comme comédienne et assistante mise en scène puis au cinéma comme décoratrice et assistante réalisation avant de réaliser elle-même ses propres courts métrages, tout d’abord des travaux assimilés au vidéo art puis des fictions : Histoires de bonsaï en 2001 (17 min). Elle rencontre à l’occasion de ce film la productrice Nathalie Trafford qui produira ses trois courts métrages suivants, En mon sein (18 min) , Le grand bassin (30 min)  et La lisière (18 min) qui seront diffusés sur France 2 et  plusieurs fois primés dans les festivals internationaux . Son premier long métrage  NEW TERRITORIES, tourné en Chine, produit par Audimage et Paraiso production a été présenté au festival de Cannes / ACID en 2014 et est  sorti en salle chez ZED en Décembre 2015.
​Son second long métrage ISOLA, tourné en Sicile (Paraiso production/ Pomme Hurlante films / Audimage Apajaja filmes) a été présenté à Cannes section ACID en 2016 et est sorti en salle à l’automne 2017.
Parallèlement à ses activités de réalisatrice, Fabianny Deschamps a travaillé comme lectrice et consultante en scénario  entre autre pour le CNC et Canal +.

 


La révolution du désir

 

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