Mardi 13 octobre 2026 · 18h00
Édito
Que peut le cinéma dans un monde arabe bouleversé par les guerres d’effacement et régi par la loi du plus fort, au mépris des règles du droit international et des populations ? Permettre de rassembler, de rompre l’isolement, de créer la rencontre entre cinéastes et publics, et ainsi d’offrir l’espace où reprendre les fils, revisiter l’histoire et les histoires, et réparer les mémoires et les images.
C’est le sens de cette édition du festival, qui s’inscrit dans la Saison Méditerranée 2026. Aflam participe à la dynamique lancée en mai dernier, en contribuant aux circulations d’œuvres, de récits et d’imaginaires. Le festival 2026 sera aussi l’occasion de célébrer les cinq ans du cycle Vive archives, programmation annuelle d’Aflam qui met cet héritage cinématographique à l’honneur depuis 2021. L’édition 2026 interrogera plus particulièrement les questions de mémoire, la sauvegarde des archives et la transmission des histoires collectives à travers le cinéma.
Festival Aflam – 13ème édition
Affluents
Un programme proposé et commenté par Anaïs Farine
En suivant le cours de l’Euphrate depuis l’une de ses sources au nord de la Syrie jusqu’au moment où il rejoint le Tigre dans le sud de l’Irak, cette séance propose une réflexion sur les archives et les artefacts absents.
Dans les trois films du programme, le fleuve et ses affluents sont témoins de grands projets politiques qui se caractérisent par différents événements : déterrer, inonder, assécher. Une approche environnementale peut offrir de nouveaux outils pour repenser la question de la perte dans une région arabe profondément marquée par l’inaccessibilité et la destruction de ses archives. Cette approche peut contribuer à l’écriture d’une histoire transnationale du cinéma qui ne s’en tienne pas à raconter celle des seules copies survivantes. Elle invite à percevoir autrement ce qui échappe à la vue : la vie engloutie sous les eaux des barrages et les archives pillées, ou soustraites au regard.
La projection sera accompagnée par une lecture développant cette hypothèse et s’appuyant sur des extraits d’autres films de Omar Amiralay et Kassem Hawal ainsi que sur des documents témoignant de la production de films tournés en Syrie entre 1966 et 1975.
Khabur
de Nafis Fathollahzadeh | 2023 | Iran, Allemagne | 31 min

Le Khabur est le plus long affluent de l’Euphrate, un fleuve transfrontalier traversant la frontière entre la Turquie et le nord-est de la Syrie. La crise climatique, les périodes de sécheresse prolongées, la guerre en cours, l’embargo, les politiques de l’eau et la construction de barrages de l’autre côté de la frontière par l’État turc sont parmi les raisons qui contribuent à l’assèchement de la rivière Khabur et à la crise de l’eau dans la région.
Bleu gris
de Mohamad Roumi | 2004 | Syrie | 23 min

De retour sur les lieux de son enfance en Mésopotamie du Nord pour travailler comme photographe sur une mission archéologique, l’auteur apprend que toute cette région va être engloutie dans les eaux du plus important barrage construit sur l’Euphrate en Syrie.
Le cinéaste décide de témoigner d’une splendeur vouée à être, à jamais, dérobée aux regards.
Beneath Which Rivers Flow
d’Ali Yahya | 2025 | Irak | 16 min

« Ancré dans le quotidien d’Ibrahim et de sa famille, qui vivent dans les terres marécageuses du sud de l’Irak, Beneath Which Rivers Flow dépasse les attentes documentaires en créant un récit profond et imaginatif. Le jeune homme erre dans les rivières et les roseaux accompagné du buffle qui lui sert de fidèle compagnon. Un jour, un imposant brouillard couvre les terres et les transforme. Alors que le paysage se dégrade, des métaphores visuelles fortes et une approche émotionnelle qui résiste à l’intellectualisation mettent l’humanité en premier plan. De ce prisme sensible et spéculatif émerge une allégorie, celle de la multiplication des conséquences du colonialisme extractif et des changements climatiques sur les paysages humains, naturels et géographiques fondant la réalité d’Ibrahim. » – MF- RIDM Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal
Précédé de :
Archive Katsakh – Croisière sainte : Bosphore
Date inconnue | 3 min

Le projet « Katsakh : Mediterranean Archives » est une collection personnelle de films non fictionnels tournés avec des caméras Super 8 mm et 16 mm dans des villes et des villages de la Méditerranée orientale entre les années 1920 et 1970. Cette collection vise à capturer la diversité de la vie et de la culture de la région, en servant d’archives historiques riches qui invitent les spectateur·ices à se connecter à notre passé.
À propos d’Anaïs Farine
Anaïs Farine pense avec les films, ce qui l’engage dans des pratiques de recherche, de programmation, d’enseignement et d’archivage. Elle est actuellement Visiting Assistant Professor à l’Université Américaine de Beyrouth. De 2023 à 2026, elle a été consultante de recherches à la Cinematheque Beirut (Metropolis Cinema). Depuis 2016, elle fait partie du comité d’organisation du Festival Ciné-Palestine (Paris).
Informations pratiques
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Prix libre sans adhésion
La billetterie ouvre 30 minutes avant le début de chaque séance.
Nous pratiquons le prix libre (chaque personne paie ce qu’elle veut/peut/estime juste). Nous croyons au prix libre comme possibilité pour chacun.e de vivre les expériences qui l’intéressent et de valoriser le travail accompli comme il lui paraît bienvenu.
Les séances du festival



