« J’aimerai beaucoup que les gens rêvent un peu à partir de ce que je leur raconte… J’aimerai simplement qu’ils soient un petit peu plus heureux en sortant du cinéma qu’ils ne l’étaient en entrant… Ou un peu plus alertes, plus drôles, ou plus tristes aussi. Un petit peu plus quelque chose… Voilà »  ALAIN TANNER

 

Le milieu du monde
d’Alain Tanner – 1974, Suisse, 1h55 min

 

Paul est un jeune technocrate d’origine paysanne. Tout lui réussit, il est directeur technique d’une petite usine mécanique, marié à une bourgeoise et conseiller municipal. Lors d’une réunion électoral, il rencontre Adriana, serveuse dans un café. Il tombe amoureux d’elle et la veut tout à lui. Mais ce jeune technocrate ne peut pas comprendre la jeune femme qui pourtant l’aime mais tient à son indépendance.

 

Comme Le retour d’Afrique, Le Milieu du Monde est un film sur le couple et l’état des sentiments au début des années 1970 ; c’est aussi l’oeuvre la plus théorique de son auteur, celle qui expose le plus explicitement ses partis pris de cinéma. Alors que le film précédent intégrait ensemble le fond (la crise du sujet contemporain) et la forme (une distanciation par les mots prononcés par les personnages et les mouvements de caméra les accompagnant), Le Milieu du Monde dissocie fortement le récit d’une histoire d’amour difficile et une forme stricte, parfois rigide, qui casse constamment le naturalisme apparent de l’intrigue et les effets de réel. L’ouverture annonce en voix hors champ: «Ce film a été tourné en 1974 en un temps de normalisation», puis: «Ce film raconte l’histoire d’une serveuse de café italienne et d’un ingénieur du Milieu du Monde pendant une période de 112 jours». Les cartons indiquant les dates d’une chronologie à trous, les ponctuations musicales de Patrick Moraz, les plans de paysages dans le désordre des saisons et sans respecter le temps de l’intrigue, signent un didactisme esthétique peu courant dans une oeuvre qui sait faire disparaître ses intentions exigeantes dans la forme du film. (swissfilms.ch)

 

Jonas qui aura 25 ans en l’an 2000
d’Alain Tanner – 1976, Suisse, France, 1h50 min

 

Les destins ordinaires et entremêlés de huit personnages: Max, ex-militant, Madeleine adepte du tantrisme, une philosophie qui permet d’échapper au monde, Marguerite maraîchère, Marcel zoologue, Marco, professeur d’histoire, Mathieu chômeur et enfin Jonas l’enfant. Un film qui se veut une réflexion sur le monde sans omettre la gaieté.

 

 

Avec La Salamandre, Jonas qui aura vingt-cinq ans en l’an 2000 est le film le plus célèbre d’Alain Tanner, celui aussi qui fixa quasi définitivement pour le public une certaine signature du cinéaste : mélange de gravité et d’humour sur fond de critique sociale, utopie douce-amère de personnages livrés à leurs pensées et à leurs fantasmes dans un monde qui n’est pas toujours fait pour eux. Or, il y a dans ce jugement sur le film et le cinéaste un risque de malentendu : comme le rappelle Serge Daney dans un texte essentiel sur le film, Jonas qui aura vingt-cinq ans en l’an 2000 n’a rien d’une “fiction unanimiste” de gauche, lieu de résorption des luttes sociales au nom de la nostalgie camarade. Si le film enregistre les états d’âme, les rêves de la génération 68 sans violence et sans haine, ce n’est aucunement pour en faire un tableau rassurant, pour faire des militants d’hier des figures sympathiques ; mais plutôt pour souligner la blessure secrète et peu exhibée d’une série d’êtres assez irréductibles à l’ordre social pour ne pas se prêter à la sacro-sainte règle du conflit ouvert. Les huit “Ma” du film luttent avec leurs armes propres qui sont rarement politiques, mais appartiennent toutes à leur part d’enfance, espace de jeu et de liberté infini que le système ne peut récupérer. Cet éloge de l’enfance irréductible au sein de la génération 68 est une des morales du film : “Jonas” est un film didactique sans leçon, un film encyclopédique sans conclusion, un film libre.

Frédéric Bas, Alain Tanner – Ciné-Mélanges


Le cinéma d’Alain Tanner,
un jeune homme en colère

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