Dans le cadre du Printemps de l’art contemporain et de l’exposition Lumière habitée ( du 30/05 au 20/07) à Art-Cade – Galerie des Grands Bains Douches de la Plaine, sur un commissariat de Jean-Christophe Bailly, nous vous invitons à deux séances exceptionnelles portée par l’écrivain, docteur en philosophie et poète ayant travaillé abondamment autour de la nature et de l’animalité (Le Parti pris de animaux, le Versant animal…)

De temps à autres, on aime penser à Serge Daney, pour qui l’essence du cinéma se trouve peut-être du côté de l’acte de montrer, plus que dans les images : “si je vous montre quelque chose, vous me dites quelque chose“. Le cinéma est un moment de l’histoire qui a proposé une écologie de la question-réponse, d’une balle envoyée comme au tennis et d’un receveur ayant l’occasion de relancer. “Le cinéma c’est l’art d’inventer des objets transitionnels et d’inventer des distances.” (Itinéraire d’un ciné-fils)

Montrer.

Montrer est impur. Parce que montrer mouille. On peut montrer quelque chose et se faire foutre de soi. (Serge Daney) c’est sur cette liberté de montrer, que Jean-Christophe Bailly et nous équipe de Videodrome 2 vous invitons à voir ces films en espérant des balles renvoyées.

Sur Dal polo all’Equatore

Ce film, projeté pour la première fois en 1988, est le résultat de cinq années de travail et peut être considéré comme le chef d’œuvre du couple d’artistes milanais. Ce qu’il met en œuvre, ce sont des moments choisis dans les reportages que le cinéaste italien Luca Comerio réalisa dans le premier quart du 20ème siècle. Favorables au fascisme et au colonialisme, les images de Comerio ont été retravaillées une à une par les auteurs, et de telle sorte que la matière indicielle des documents se retourne contre le discours qu’ils étaient censés servir. Par le montage, le recadrage, la colorisation et le ralenti, les images, qui montrent des points très divers du monde, se retournent contre leur instrumentalisation et deviennent les témoins d’un désastre où les leitmotivs de la chasse et de la domination densifient le matériau filmique, transformant le travail de montage en une lente procession hypnotique, qu’accompagne le crescendo d’une musique obsédante et à laquelle on assiste sidéré.
Jean-Christophe Bailly

Dal polo all’Equatore – Du pôle à l’Équateur

de Angela Ricci Lucchi et Yervant Gianikian – Italie, 1986, 1h38, VoSTFR, pellicule 16 mm

Dal polo all’equatore (Du pôle à l’équateur) de Yervant Gianikian et Angela Ricci – Lucchi est vu par certains comme leur chef-d’œuvre et qui leur prit cinq ans à réaliser. Ce film emprunte à la fois son titre et un grand nombre de ses images à un film de compilations des années 20 (bien que plusieurs vues datent du début du siècle), monté et en partie tourné par Luca Fortunato Comerio dans une tentative de se « conformer à la forme du documentaire fasciste ». Les deux cinéastes ré-organisent ce matériau et le retravaillent afin d’en subvertir, par le ré-agencement et le re-visionnement de ses éléments, les visées initiales. Ils le transforment en un voyage hypnotique dans le temps et l’espace, que vient accentuer les vrombissements électroniques du musicien Keith Ulrich.

Ces images, « travaillées par l’arrêt et la répétition » nous montrent non seulement des sujets et des paysages « exotiques », elles allégorisent l’époque coloniale en la rendant à nouveau disponible au « possible », c’est-à-dire en restituant leur pouvoir critique. Elles re-présentent des « sujets et des situations filmés » et en même temps, les sous-bassements idéologiques, les a priori esthétiques qui présidèrent à leur enregistrement. Comme l’écrit Emeric de Lastens : « Arrêter le regard sur les détails d’époque, le geste d’un soldat ou d’une enfant, cataloguer ou inventorier des images à l’origine déjà indexées à une pure fonction descriptive et indicielle, c’est métamorphoser ces ruines en représentations de l’imaginaire historique. »

André Habib, Hors champs 2006
Source : mire-exp.org

La bande annonce

 

Autour de Lumière habitée – Art-Cade – Galerie des Grands Bains Douches de la Plaine
Du 30/05/2019 au 20/07/2019
Vernissage le 30/05/2019 à 12h

Delphine Wibaux, Ismaïl Bahri

Deux artistes se partagent les lieux, pas vraiment avec des œuvres, mais plutôt avec des actions. Des actions qui ne sont pas des « performances », mais des gestes tentés en direction de la lumière, pour la faire venir, advenir, et montrer qu’elle nous traverse et qu’on l’habite. L’idée c’est de la capter telle qu’elle se manifeste, venant du dehors et faisant entrer ce dehors dans l’espace de la galerie. Il ne s’agit pas d’une opération abstraite, mais d’une sorte de déposition matérielle continue : via des trouées, des images, des objets. Et le dehors c’est tout ce qui commence dès qu’on franchit une porte ou qu’on ouvre une fenêtre : à la limite il n’y a pas de dedans, ou du moins n’a-t-il de sens qu’à être pénétré. A la limite il n’y a pas de limite. Il suffit de capter pour le comprendre. Fabriquer de bons capteurs et parfaire avec eux l’écoute, tel serait le propos.


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