Dimanche 11 octobre 2026 · 19h30


Édito

 

L’œuvre documentaire de Marcel Ophuls (1927-2025) est aussi remarquable que rarement montrée. Entre France, Allemagne et États-Unis Marcel a composé, en cinéaste, en journaliste et en historien, un propos singulier sur l’histoire du vingtième siècle, faite ou en train de se faire à travers plusieurs films méconnus en France, sinon par la censure spectaculaire du Chagrin et la pitié (1969) jusqu’à l’élection de François Mitterrand, ou l’Oscar du film documentaire décerné en 1988 à Hôtel Terminus.

En cette année présidentielle aux relents nauséabonds, Katharina Bellan et Christelle Rabier proposent de découvrir un ensemble de films au regard affûté sur l’histoire européenne violente, de Clermont-Ferrand à Sarajevo.

Fils du réalisateur Max Ophüls, né Oppenheimer, Marcel Ophuls a acquis les nationalités française puis américaine au cours de l’exil forcé de son père, d’abord à Vienne puis à Paris, afin de gagner Hollywood. Bien qu’il ait touché à la fiction (Peau de banane avec Jean-Paul Belmondo et Jeanne Moreau, sur un scénario de Claude Sautet, 1963), l’échec de sa seconde fiction l’a conduit d’abord à rejoindre à la télévision la rédaction de Zoom, pour qui il a fait plusieurs reportages, avant de s’essayer à un long métrage documentaire autour de la Seconde guerre mondiale. Pour Le Chagrin et la pitié, Marcel Ophuls fait des choix originaux : unité de lieu, autour de la ville de la ville de Clermont-Ferrand, non loin de Lyon et de Vichy; entretiens; recherches en archives ; entretiens longs de part et d’autre de la frontière franco-allemande; un montage qui fait la part belle aux images d’archives et aux visages des protagonistes; mais une netteté manifeste dans la position politique du réalisateur. Cette posture, qui contrevient à l’histoire officielle de la France résistante, conduit d’ailleurs Simone Veil à faire du chantage à la démission du Conseil d’administration de l’ORTF pour que l’Office ne diffuse pas un film  qui prétendrait que « tous les Français sont des salauds ». Bien que le film ait été censuré à la télévision française, c’est rapidement un succès international, dans les salles parisiennes d’abord, puis aux États-Unis.

La carrière de Marcel Ophuls se déroule alors entre France, Allemagne et États-Unis avec des documentaires quelquefois de commande qui traite d’histoire, de violence, de cruauté, mais aussi de cinéma, et de regard ou plutôt de point de vue. Le cycle sera l’occasion de découvrir certains films très peu diffusés, mais qui nous invitent, en historien∙nes ou en cinéastes, en spectateurs et spectatrices, à prendre position.


Veillées d’armes : Histoire du journalisme en temps de guerre : Deuxième Voyage

de Marcel Ophuls | 1994 | Allemagne, France | 2h21 [sous réserve]

Le réalisateur et son équipe partent à Sarajevo, en plein siège de la ville. Au travers d’images d’archives et d’entretiens avec des personnalités de l’époque, le film s’interroge sur les rapports entre le journalisme et la guerre.

« « La première victime en temps de guerre, c’est la vérité… » C’est cette phrase en exergue du livre de Phillip Knightley, The First Casualty, qui m’a donné l’envie de faire un film sur les reporters… » – Marcel Ophuls


Informations pratiques

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Nous pratiquons le prix libre (chaque personne paie ce qu’elle veut/peut/estime juste). Nous croyons au prix libre comme possibilité pour chacun·e de vivre les expériences qui l’intéressent et de valoriser le travail accompli comme il lui paraît bienvenu.

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