Mardi 30 juin 2026 · 19h30
J’ai des cafards dans la tête
de Joséphine Chaney | 2023 | France | 21 min

En mars 2020, fameuse période de crise d’un certain virus, Joséphine – munie de son brave Wiko – s’empare du geste le plus vital du cinéma du réel en urgence: mettre en scène cette expérience vertigineuse // sa propre survie // sous la forme d’un autoportrait frontal pour y braver le satané Néant.
Filmer depuis l’enfermement, contre lui. Avec son corps, contre lui.
Dans ce micro-palais des glaces, auto-laboratoire carcéral, Joséphine met à nu les angles morts : logement, genre, langue, corps. C’est une histoire faite de murs et de mue.
Elle est sa – et notre- pédagogue, performeuse, clown et théoricienne; elle est la ventriloque par et pour qui les voix dialoguent et parasitent et le corps par qui les produits – nuisibles et jouissibles – transitent. La filmeuse-filmée met dos au mur les questionnements sur la violence politique et matérielle des espaces-limites et des lois qui les régissent: celui de son propre corps, du genre, des mots, des murs, du cadre, des regards et des drogues nécessaires pour traverser cet enfer.
Merci à elle de se sauver en nous présentant ce show-vérité de secours, preuve de résistance ultime dans un temps de black-out (oniriquo-cauchemardesque) collectif dont on ose à peine parler / dont on ne sait pas comment parler aujourd’hui. 6 ans plus tard. Quand l’Histoire contraint les corps, fait écran pour écraser les histoires, celles de toutes existences singulières, sensibles et précaires : on fabrique les siennes.
Chacun fait comme il peut avec ça
de Emilie Beyssac Cywińska | 2026 | France | 30 min

En arrêtant de boire, la réalisatrice confronte son père sur la place que l’alcool a pris dans leurs vies.
The Alcohol Years
de Carol Morley | 2000 | Angleterre | 50 min

Tout part d’une petite annonce publiée dans le journal à Manchester: « Je m’appelle Carol Morley. Si vous m’avez connue entre 1982 et 1985 contactez-moi. » Ce que les lecteurices savent s’ils reconnaissent son nom est qu’elle est réalisatrice et s’ils ont bonne mémoire ils se rappellent sans doute d’elle adolescente dans les bars, salles de concerts et boîtes de nuit. On est en 2000 mais il faut croire que la jeune Carol est difficile à oublier parce nombreuxses répondent à l’appel et acceptent de participer à des entretiens filmés avec la femme de 35 ans qu’elle est devenue. Durant tout le film, on les regarde et les écoute nous raconter ses frasques et l’impact qu’elle a laissé sur les gens, malgré le flou électrique des années 80 passées principalement à la Hacienda, nightclub où tout le monde allait et tout le monde jouait et tout le monde se défonçait.
Que faire de nos souvenirs de rage et de débauche ? A cette question Carol prend le parti de laisser les autres parler et en profite pour nous dessiner toute une fresque de party boys et musiciens vieillissants, lui contant comment ils se souviennent avoir couché avec elle et à quel point elle n’en avait rien à faire d’eux. Seules quelques femmes apparaissent à l’écran, copines et anciennes colocataires. Dans leurs mots et à travers le montage, la Carol Morley adolescente et son monde apparaissent en saccades et bribes mystérieuses.
Trop peu projeté, The Alcohol Years montre ce qui reste généralement dans le placard de nos souvenirs de jeunesse et de sexualité bourrée. Carol Morley affronte les fantômes de son passé à travers un dispositif simple, que d’aucun·e pourraient trouver égocentrique, chaque personne à l’écran n’apparaît a priori que pour la raconter elle. Il se passe évidemment bien plus que ça en filigrane, du jugement porté aux femmes qui boivent et décident de leur sexualité, à l’aftermath des années folles de Manchester, où ses protagonistes survivent, se rangent ou s’enterrent.
Présence de stands RdR
Deux associations marseillaises de réduction des risques, KEPS et D’Oser, seront présentes; une bonne occaz’ de pouvoir discuter, prendre peut-être rendez-vous, s’informer de manière moins dramatique ou formelle qu’en faisant la démarche en solitaire.
À propos de KEPS
KEPS est un média en ligne de réduction des risques. On parle de drogues, de sexualité, de santé mentale et de rapport à la fête. Par et pour les concerné·e·s où que tu sois. KEPS c’est aussi un service d’informations, d’écoute bienveillante et de discussions sans jugement.
À propos de D’Oser
D’Oser (anciennement Santé/SOLALE) est un dispositif d’ingénierie sociale qui propose une nouvelle manière de penser et d’agir sur les risques liés à l’alcool.
Informations pratiques
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La billetterie ouvre 30 minutes avant le début de chaque séance.
Nous pratiquons le prix libre (chaque personne paie ce qu’elle veut/peut/estime juste). Nous croyons au prix libre comme possibilité pour chacun·e de vivre les expériences qui l’intéressent et de valoriser le travail accompli comme il lui paraît bienvenu.
L’adhésion à l’association est nécessaire pour assister aux projections, elle est accessible à partir de 8€ et valable sur une année civile. Il est possible de prendre son adhésion en ligne ! Pour celleux qui le souhaitent et le peuvent, cette adhésion permet aussi de nous soutenir, en ajoutant un montant de son choix.
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