Dimanche 22 février 2026 · 18h00
Édito
Matérialités des pratiques et approches critiques
Ce cycle de six séances à raison d’une projection le dernier dimanche du mois au Videodrome 2 à 18h, de janvier à juin 2026, sera l’occasion de cerner, au travers de situations mettant en scène différents acteurs et actrices de la médecine, une archéologie du pouvoir médical que les films regardent, mettent en scène, critiquent. Pour ce faire, le cycle explore des dispositifs filmiques variés qui rendent compte des dimensions intersectionnelles (rapports de genre, classe et/ou race) et éthiques du propos cinématographique. Au travers de l’analyse des parti-pris formels que façonnent les outils du cinéma, le cycle explore la construction d’une activité humaine ancrée dans la matérialité des corps et des instruments médicaux.
La première séance aborde, dans Takeover d’Emma Francis-Snyder (2021) à partir des archives des douze heures d’occupation du Lincoln Hospital (Bronx, New York) le 14 juillet 1970, l’histoire méconnue de l’activisme des patient∙es racisé∙es. Choisissant le témoignage face caméra d’un sujet-objet de pouvoir dans Moi, Pierre Rivière…, René Allio met en scène la confrontation des pouvoirs médical et judiciaire, — mis en lumière par Michel Foucault et une équipe d’historien∙nes — et la résistance du sujet politique, autour du cas d’un parricide au XIX e siècle. Hospital de Frederick Wiseman (1970) montre une perspective bien différente de l’activisme des Young Lords du Bronx : à travers différentes situations captées au service des urgences du Metropolitan Hospital de New York à Harlem, comment les moyens dont disposent les médecins conditionnent les soins prodigués aux patients, telle une clinique du travail de la médecine. L’amour d’une femme de Jean Grémillon est l’occasion d’analyser la mise en scène du patriarcat médical, la violence du paysage matérialisant la violence d’une société qui ne peut admettre qu’une femme soit médecin, libre et indépendante. En écho à la première séance, La cinquième séance pose la question de l’homologie entre imagerie médicale et techniques cinématographiques : elle abordera les questions éthiques que posent le dévoilement de l’intérieur des corps, et leur historicité, avec des films de courts métrages d’Alice Guy, de Jules Étienne Marey et de Jean Painlevé. La question de la médicalisation des accidents du travail sera abordée dans une dernière séance, avec l’irruption brutale de l’accident dans le quotidien d’un jeune médecin libéral, à l’occasion du décès d’un ouvrier au travail sur un paquebot arrimé au port de Marseille, dans La visite de Paul Carpita et Le nucléaire et l’homme, de René Baratta.
Ces questions de médecine, d’histoire, de sciences sociales et de cinéma seront l’objet d’analyses partagées entre spectatrices et spectateurs du Videodrome 2, étudiants de l’EHESS, d’AMU, chercheuses, chercheurs et cinéastes.
Christelle Rabier, maîtresse de conférences en histoire de la médecine et Katharina Bellan, historienne du cinéma invitent des personnes en lien avec les problématiques soulevées par les films à partager leur réflexions et expériences : Benjamin Cohadon co-fondateur et coordinateur du Village 2 Santé à Echirolles et un·e salarié·e du Château en santé, Marseille et, Marguerite Vappereau, maîtresse de conférence en histoire du cinéma, et d’autres intervenant·es, dont François Crémieux, directeur de l’Aphm de Marseille, Zoé Dubus historienne post doctorante à Cermes 3 et le groupe d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle et environnementale 84.
Moi Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère
de René Allio | 1975 | France | 2h10

Le 3 juin 1835, Pierre Rivière, un jeune paysan normand de 20 ans, égorge à coups de serpe sa mère, sa soeur Victoire et son jeune frère Jules. Il prend la fuite et erre plusieurs semaines dans les bois avant de se faire arrêter. À peine emprisonné, le meurtrier, que la plupart des témoins décriront comme un garçon au comportement étrange, voire sous les traits d’un idiot, entreprend la rédaction d’un épais mémoire, texte d’une stupéfiante beauté, véritable autobiographie dans laquelle il expose les raisons qui l’ont conduit à son geste : délivrer son père des » peines et afflictions » que lui faisait subir son épouse depuis le premier jour de leur mariage… Criminel monstrueux ou “pauvre” fou ? Le débat opposera longtemps magistrats et psychiatres.
Informations pratiques
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La billetterie ouvre 30 minutes avant le début de chaque séance.
Nous pratiquons le prix libre (chaque personne paie ce qu’elle veut/peut/estime juste).
Nous croyons au prix libre comme possibilité pour chacun·e de vivre les expériences qui l’intéressent et de valoriser le travail accompli comme il lui paraît bienvenu. L’adhésion à l’association est nécessaire pour assister aux projections, elle est accessible à partir de 8€ et valable sur une année civile.
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Les séances

