20h30

Le Jour se lève

de Marcel Carné, 1939, France, 1h27

Un coup de feu éclate … et un homme, atteint au ventre, roule dans un escalier.
Bientôt la police fait irruption dans la chambre de François, l’ouvrier sableur qui se souvient …
Sa rencontre avec Françoise, une jeune fleuriste qui le repousse gentiment.
Le dresseur de chien Valentin, qui cherche à séduire Françoise.
Clara, la maîtresse de Valentin qui tente de le consoler.
Et puis Valentin qui vient le menacer …

Entretien de Marcel Carné dans l’émission Au cinéma ce soir en 1970 :

Armand Panigel
En 1938-1939, quelle que soit la situation du cinéma, Marcel Carné votre activité est exceptionnelle, vraiment extraordinaire et quand nous nous penchons sur les histoires du cinéma car vos films y figurent tous et en bonnes places nous nous apercevons non sans stupeur qu’en moins de 13-14 mois vous alignez le Quai des brumes, Hôtel du Nord et Le jour se lève, comment cela s’est-il passé ?

Marcel Carné
Ça c’est produit parce qu’on avait préparé le Quai des brumes très longtemps à l’avance, que j’ai commencé le 2 janvier 38 le Quai des brumes, que j’ai pu faire en septembre Hôtel du nord, que j’avais déjà à ce moment-là un contrat de signé pour faire un second film avec Gabin.
Le scénario devait-être un scénario de Prévert qui s’appelait « rue des vertus » et il mettait en scène des gangsters, des mauvais garçons et on avait commencé à travailler avec Prévert et tout d’un coup c’est abattu sur le cinéma français une multitude de films de gangsters et de mauvais garçons. J’ai un petit peu pris peur… j’ai montré à Prévert un court synopsis, 4 ou 6 pages, que m’avait donné mon voisin de palier qui s’appelait Jacques Viot et qui s’appelait “Le jour se lève”.
Ce synopsis me plaisait beaucoup en ce sens qu’il y avait une construction toute à fait nouvelle pour l’époque, enfin qui n’avait jamais été faite en France, ce qu’on appelait depuis le flashback, c’est-à-dire le retour en arrière, vous savez on commence l’histoire par la fin puis peu à peu on revient 2, 3 fois en arrière etc…

Armand Panigel
Parce que vous aviez l’impression que le cinéma était arrivé à un degré de maturité qui permettait justement de jouer avec le facteur temps ?

Marcel Carné
J’avais vu une possibilité de jouer avec le… qui soit arrivé à maturité non ! La preuve on a continuer à raconté des histoires dans l’ordre chronologique mais ce fait de construire d’une manière originale une histoire de film c’est ce qui m’avait séduit encore une fois et Viot lui-même avait très peur, il me dit : « vous savez si le producteur ne veut pas cette construction on peut la changer, tout ça… » J’ai dit surtout pas, c’est ce qui est intéressant dans votre histoire et j’ai réussi à l’imposer, vraiment, à l’imposer non seulement au producteur mais à Gabin et même un peu à Prévert parce qu’au départ Prévert était un peu réticent.

(…)

Armand Panigel
Il n’est pas pour vous, il n’est pas d’amour heureux ? Pourquoi ?

Marcel Carné
Oui… Là il faut un petit peu ce reporter aussi à l’époque, vous savez il ne faut pas oublier que nous sommes entre Munich et 39 et la déclaration de guerre, nous vivons une époque qui va finir, ça se sent, ça se sent tous les jours, toutes les minutes. N’oubliez pas qu’il y avait la guerre d’Espagne, l’intervention d’Hitler et de Mussolini, n’oubliez pas tout de même qu’il y avait ces grandes bagarres, des avions pour l’Espagne enfin comme on a vu dans La vie est à nous. Et que tout ça, tout ça est présent et sous-jacent dans Le jour se lève, à travers, je le répète, une histoire… une intrigue romanesque mais c’est là, c’est là parce que tous les gens qui tournaient de moi-même aux ouvriers en passant par les acteurs nous portions tout ça en nous cette espèce de…de…

Armand Panigel
Désespérance.

Marcel Carné
Désespérance, mais enfin cette conscience que nous vivions, presque que nous survivions à quelque chose, nous survivions en réalité à Munich qui avait failli… tourner autrement.

Armand Panigel
Donc il n’était pas possible que l’on fût heureux ?

Marcel Carné
C’était… J’ai l’impression que si on avait voulu faire une chose qui soit une sorte d’espoir de vivre, ça n’aurait pas sonnée juste à ce moment-là. Je ne pense pas.


Pour en savoir plus

Voir Marcel Carné sur le film “Le jour se lève”


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Ronde de nuit : Le cinéma policier français nocturne

Du mardi 19 février
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