Édito

 

 

 

Which side are you on? on est un chant de travailleurs de la mine de Harlan County, écrite en 1931 par la militante Florence Reece , femme de Sam Reece, représentant syndical pour la United Mine Workers. Depuis, la chanson est devenue une musique populaire, régulièrement reprise dans des genres variés, de la country au blues et a dépassé les frontières, s’alliant aux chants de luttes à travers le globe.

De quel côté es-tu? C’est la question que je voulais aborder dans ce cycle d’une semaine. Par mon expérience et de l’ambiance ultra libérale actuelle, il m’apparaît que pour les travailleurs et travailleuses, il devient plus difficile de se situer au sein d’une hiérarchie. Dans la fonction publique, l’associatif ou le privé, avec qui de nos équipes et collègues faisons-nous acte de solidarité? Vers qui va mon alliance politique?

Comme me disait Robyn Chien, artiste plasticienne et syndicaliste qui viendra nous présenter sa performance Unionize your life, il est difficile de lutter lorsque l’on a une jambe d’un côté et de l’autre sur la barricade. Et face aux oppressions d’une liste sans fin (capitalistes, racistes, patriarcales, validistes, pour ne citer qu’elles), nous avons la responsabilité de nous positionner d’un côté ou de l’autre. Pour se défendre, s’opposer et s’organiser.  La bourgeoisie souhaite limiter ces gestes à des émeutes et aux images embrasées, certes épiques, mais pourtant si peu représentatives de ce qui fait nos révoltes populaires. Le long de nos histoires, nous avons développé et réfléchi des imaginaires alternatifs. Des soulèvements étouffés, réprimés dans le sang mais qui n’auront pas été vains, continuant de nous nourrir, à côté de nos victoires. Ces tentatives et ces victoires sont le signe que si les dominants et dominantes souhaitent voir le monde brûler, ils ne sont pas notre centre, et sous les cendres restent les braises de mondes et sociétés à venir.

Comment les luttes sociales et les grèves s’expriment au travers des documentaires? À partir du film de Harlan County, USA, 1976 de Barbara Kopple, l’idée du cycle ne prétend pas à l’exhaustivité et vient tracer une généalogie de ces documents témoins devenus objets de cinéma. La création de ces réalités demande du temps, de la réflexion. des échanges, des discussions, des engueulades. Traversant le temps, gravant dans la pellicule, puis les données, les résistances, organisations, les expériences collectives pour un monde égalitaire et de meilleures conditions de travail font la démonstration d’une dignité et solidarité humaine internationalistes.

Meriem Rabhi

Les séances

 

 

de à
Planifié Les cycles cinéma
Videodrome 2 | 49, cours Julien | 13006 Marseille Carte