Édito

 

 

« I like schizophrenic painters, tortured writers, fashion designers, low and vulgar literature, porno movies, video games, punk music, motorcycles, tattoo artwork, homo poetry, disaster and murder magazines and horoscopes. I hate high culture. » (Mod Fuck Explosion)

Jon Moritsugu réalise My Degeneration en 1989 : un pamphlet foutraque et fanzinesque, rageur et poétique, hirsute et rocambolesque, gage que something is cooking de l’autre coté de l’Atlantique. Comme lui, Sarah Jacobson et Bruce LaBruce imposent courant des années 90 une nouvelle façon de faire des films, qui s’en fout royalement d’Hollywood et qui va plutôt chercher dans la scène punk les rouages de son mode opératoire : DIY, avant-gardiste, trash et joyeusement corrosif.

Iconoclaste aussi. Car pour cette génération, surinée par les fantasmes du cinéma classique, prendre la caméra est l’occasion de faire briller d’autres regards, d’autres communautés ; de debunker tout un cas de modèles coercitifs qu’ils soient patriarcaux, homophobes ou racistes. Comme une façon de rappeler que les images sont d’abord – et surtout – politiques.

De là à réduire Jacobson, Moritsugu et LaBruce à leurs considérations militantes ? Non. Car leurs films sont également rêveurs, naïfs – le genre de naïveté qui fait croire que tout est possible -, drôles, sirupeux, incandescents, explosifs. Quelque part, en somme, entre le bonbon et la dynamite.

Venez (re)découvrir Mod Fuck Explosion, Mary Jane is not a Virgin Anymore, I Was a Teenage Serial Killer et Hustler White, quatre films rares sur les écrans français – pour ne pas dire invisibles – et n’oubliez pas de vous mettre de la crème solaire sur la rétine.

Everyone told me I would never be a filmmaker, and that’s when I decided I would be, and they could go fuck off.” – Sarah Jacobson


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