Soirée Cinexpé à Videodrome 2 :

Expérimentations, recherche, bombes visuelles, invention, découverte, jeu, sérendipité, technique, économie, engagement, récupération, détournement : autant de mots attachés au cinéma expérimental et que nous chérissons. Videodrome 2, le MUFF, Images Contre Nature et le Festival Tous Courts et le Collectif Jeune Cinéma s’associent pour accueillir Michael Woods, «terroriste médiatique» sous l’ère Trump qui débarque tout droit de Californie pour une tournée européenne de son travail. « La Maladie Digitale est le mal au coeur de la représentation arbitrée et, tout comme le spectacle et la négation qui sont au coeur du simulacre, la Maladie Digitale avance droit vers l’éradication du réel et la propagation de son double».
Avec un travail de montage et de recyclage des images puissant et acéré, Michael Woods décline un univers paranoïaque où plane la menace de la dissociation et qui traduit l’explosion de notre système de repères et l’inintelligibilité d’un réel en voie de disparition.

Vous aurez l’occasion de (re)découvrir un prélèvement de son oeuvre protéiforme et surtout de profiter de sa présence pour un échange aussi long qu’il sera nécessaire pour décortiquer un travail complexe, engagé, perturbant.

Déconseillé aux personnes de moins de 16 ans
Soirée et discussion post-séance animée par Jessica Macor, programmatrice (Festival des Cinémas Différents de Paris, FID Marseille…)


 Michael Woods n’a évidemment pas voté Trump. Considéré par Cultured Vultures comme l’un des cinéastes américaines les plus visionnaiers de sa génération, son travail est l’œuvre d’une vie (The Num Spiral), un djihad contre les médias de masse qui invite bon nombre de superlatifs. Hyperactivité, hypersensibilité et hyperréalité, l’œuvre pluridisciplinaire de Michael Woods est à elle seule un épitomé de l’Amérique contestataire contemporaine, malade de sa politique et de sa pop culture, convoquant les icônes et les mouvements sociaux comme autant de hashtags : Zac Efron, Black Lives Matter, Wu-Tang Clan, Not my President,, et l’Opioid Epidemic. La sex tape sous MDMA de Baudrillard et de Walt Disney.

Michael Woods est le nouveau Frankenstein du cinéma d’avant-garde : il filme, il emprunte, il data-moshe, il gratte, il flicke, il développe, il glitche, il performe, il surimpressionne ; il sample, s’auto-cite et coud (sur sa table de montage / d’autopsie) la tête de Jack Smith sur les épaules de Peter Whitehead, les ongles noirs de Deleuze sur les mains de Maya Deren et les bras de Shirley Clarke sur le tronc émasculé pourrissant de Steve Bannon.

Et dans la boîte (à images) crânienne, deux cerveaux : celui de Michael Woods et celui de MWoods. Car c’est bien dans le concept de dissociation que se situe la clé de son oeuvre monumentale. Son addiction pendant de longues années au DXM, un antitussif psychotrope à forte dose, lui provoque des expérience de conscience hors du corps. Ses films sont aujourd’hui autant de syndromes dissociatifs couvrant différentes sphères symptomatiques : difficulté à contrôler ses émotions, propos et liens logiques désorganisés, voire hermétiques, pensée tangentielle et discours qui zigzague entre des sujets sans connexion apparente, mais néanmoins à la consonance poétique flagrante.

L’engagement politique serait-il un trouble mental et la conscience de classe une schizophrénie ? Il est évident que cette dissociation du « moi observant » et du « moi expérimentant » est le moteur du travail de MWoods. Auscultant les ravages post-traumatiques d’une société gangrenée par ses démons, il est un fou parmi les fous ; un Cassandre conscient de sa condition d’aliéné, observateur impuissant de la chute d’un empire.

Fabien Rennet, pour le Collectif Jeune Cinéma

 

:: Sélection de Courts-Métrages de Michael Woods (4 mn)

An Infinite Loop for Resistance, 2017, 5’40 », numérique

Une avant-garde est en première ligne. Ceci est une oeuvre pour la renaissance de l’avant-garde. Ceci est une attaque médiatique. Dans le viseur, l’omnipotence de l’hyperréalisme et la banalité fasciste, que symbolise au mieux l’effigie en flammes d’un Trump en latex. Ceci est un collage, violent, de lambeaux du tumulte simulé. Une émeute dans le vide médiatique. Destiné à être projeté partout et n’importe où comme un appel aux armes, une incitation et une tentative de perturber la normalisation de l’intolérance et de l’autoritarisme. Ceci est un #AppeelALaRevolte plus qu’ à « #LaResistance. Assez de baigner dans des esthétiques du rien et de la désolation Il est temps de se réveiller et de lutter contre ce diable agissant assis sur son pouvoir et irradiant ce qu’il reste d’authentique par un nihilisme médiatique.

 

Post-Panoptic Gazing, 2015, 10’36 », numérique

Un certain sirop peut vous donner des envies carnassières de conquérir l’inaptitude sexuelle et de pointer votre caméra vers le vide infini du néant. Il vous fera danser comme jamais vous n’aviez dansé, déguisé avec des morceaux de n’importe quoi, emballé dans des paquets de données numériques direction nulle part, clignotant frénétiquement depuis le mal digital central vers toute sorte de choses extérieures à votre connaissance, à votre conscience.

 

 

NARC, 2011, 5’57 », numérique

Une femme absorbe des anesthésiants pour échapper à la sphère de médiation qui affecte son être. Elle se délecte de la dissolution totale des limites de sa réalité, maintenant emprisonnée et confinée dans la bouillie de son propre vomi médiatique recyclé.

Window Shopping, 2018, 3′, numérique

Nothing is not; on behalf of human rot, this not’s a mental map. You can stroll through with eyes ablaze by scorching sun that spreads the waves of city smog, LED light fog, and Christmas luminescence on dead presidents with no essence. Just fluorescence, as the gas builds up, and the homeless walk through a fascist dump.

 

 

Commodity Trading: Election Day, 2017, 15’30 », numérique

Ma fille Virgil guide notre famille à travers un enfer personnel et politique dans les jungles de Los Angeles. Ceci est une vidéo faite depuis la perspective minoritaire du privilège blanc. Ceci est une vidéo sur la suprématie blanche ; une vidéo conçue comme une arme contre l’homme raciste, malicieux et narcissique, qui s’affiche en tant que chef d’État et en qui nous voyons s’opérer l’échange et la chute symbolique de la suspension médiatique de l’ère post-spectacle…

 

 

Closing Bell, 2018, 5’41 » – 16mm

As I fever dream, the closing bell clangs, and its tendrils burrow inwards to impregnate infections; to pull the ingrown digital sickness and burst the LCD cyst; a tumult of nothingness that beckons with a toxic glimmer; a toppling structure of superfluous and dying signs, littering everything, suffocating everything; even in organic tissue the digital implants, supplants, rots, and crystallizes, flickers and spins, spurts, metastasizes, vomits, ejaculates, imprinting permanently the afterimage of today where there is no trading on futures. 16mm, made of four rolls of in-camera multiple-exposure film shot in a Bolex.

 


 

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