Comme vous le savez peut-être, le Videodrome 2 a ouvert ses portes en 2015. Un des enjeux qui présidaient à sa création était de proposer un espace cinématographique où s’interrogerait la place, la notion même, de spectateur. Non que les autres endroits cinématographiques (salle de cinéma, festivals, particulièrement) nous paraissent dérisoires. Mais parce que, du groupe que nous étions, nous voulions envisager autre chose. Nous voulions envisager que des films d’autrefois puissent avoir une valeur d’à présent : nous voulions envisager que des films d’autrefois, portés par un désir, un regard, puissent être vus, non pour parfaire une culture cinématographique, mais pour aujourd’hui, maintenant, nous permettre de mieux vivre, de partager de la joie, de la pensée.

C’est pourquoi nous avons bâti ce lieu. Il nous a semblé évident qu’il fallait qu’il y ait un bar, qu’il soit ouvert sur la place, dans sa complexité sociale. Il nous a semblé nécessaire que tous les travailleurs de l’endroit soient engagés à proposer des films, et réciproquement, que tous les programmateurs servent au bar ou au vidéoclub, et nettoient les toilettes. Nécessaire d’accueillir des programmations émanant de compagnons de route du lieu, de donner des cartes blanches. Nécessaire de nommer que les films sont un moment d’une vie que nous partagerions avec tous ceux et toutes celles qui nous font l’amitié de fréquenter le lieu.

Il semble que ce moment que nous venons de vivre, séparés mais ensemble, ce moment de confinement, ait changé la relation de tous et de chacun, de toutes et de chacune, avec le cinéma. C’est en tous cas quelque chose de redouté par les “professionnels de la profession”. “Ceux qui le savent le savent”, comme a dit un ministre de la culture d’autrefois : durant le confinement, les films ont circulé assidûment sur la toile. Netflix a engrangé de l’argent, et les incunables ont circulé quasi librement.
C’est dans ces circonstances que se propose à nous la question d’une réouverture. Comment projeter, que projeter ?

Quel rapport allons-nous entretenir avec le fait de regarder avec des inconnus dans la même direction, le temps de la projection d’un film ? Chi lo sa ?
Lors de la première année du Videodrome 2, nous avons proposé un cycle sur le Black Panther Party. Nous avons été les premiers à diffuser en France (et à traduire et sous-titrer) le film de Stanley Nelson, The Black Panthers, Vanguard of the Revolution. Chaque séance de ce cycle était précédée par la lecture d’extraits de discours des membres du BPP. Il n’est pas question ici de parler de légitimité. Juste, entre nous, qui tenons le Videodrome 2, qui y travaillons, le sujet de l’affront et de la violence faite aux Afros-américains était sensible, et le demeure. Pour ce qu’elle est, pour ce qu’elle engage en chacun et chacune d’entre nous dans sa vie quotidienne.
Et cette question, de la violence de classe, dans ce monde que nous nous sommes promis être “d’après”, revient avec tristesse et violence.
Tout cycle de projection est un renoncement : il y a peu de séances possibles, il y a des manques, et donc, de possibles adjonctions.

Pour notre réouverture, nous proposons donc un addendum à ce cycle d’autrefois.
Vendredi 26 juin, à 20h30, nous diffuserons Do the right thing, de Spike Lee.
Samedi 27 juin, à 20h30, nous diffuserons Bush Mama, de Hailé Gerima.

Les séances seront comme à l’ordinaire (l’est-ce vraiment, ordinaire ?) à prix libre pour tout membre de notre association (adhésion annuelle à 5 euros).

Chaque communiqué du BPP se terminait par la phrase suivante : All power to the people.


Bush Mama

de Hailé Gerima, 1976, 1h37

L’histoire de Dorothy et de son mari T.C. Vétéran de la guerre du Vietnam ce dernier pensait être accueilli en héro. Mais à la place il est emprisonné pour un crime qu’il n’a pas commis. Sans emploi et vivant grâce aux allocations, Dorothy va se radicaliser.


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Tarif de la séance

Entrée libre pour les détenteurs d’une carte RAGE ou SCANNER

PRIX LIBRE
Nous souhaitons que le cinéma demeure accessible à toutes et tous. Nous souhaitons pouvoir porter la singularité de notre modèle de diffusion non commercial.
La curiosité, et le plaisir des images ne doivent pas être un privilège.
Si nous conseillons un prix, 5 euros (celui que nous appliquions jusqu’à présent), ce sera prix libre à partir de janvier 2020, pour toutes les séances organisées et portées par l’équipe de Videodrome 2, signalées en conséquence dans nos supports de communication.

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La billetterie ouvre 30 minutes avant le début de la séance


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Videodrome 2 | 49, cours Julien | 13006 Marseille Carte


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