Le cycle est court au regard de l’histoire à laquelle il se frotte : 4 siècles, 3 films.
Il pourrait être vu comme jouant une présomption ; figurer en trois actes une tragédie qui a surpassé l’entendement : celle de l’un des plus vastes génocides de l’histoire.
3 films, certes grands, du premier contact à une ultime sous-prolétarisation des survivants en passant par “les guerres indiennes”.
3 films qui constituent un geste, une tentative fragile pour donner à (a)percevoir comment le cinéma américain a pu parfois (rarement) être capable de la plus frappante des lucidités.
Il n’est pas question ici de traiter la façon dont la figure de l’indien a pu évoluer dans le cinéma hollywoodien, ni de raccorder cette histoire à celle d’un genre cinématographique, mais de tenter de concevoir, (en contrepoint à la naissance d’une nation), traversée par trois films, l’histoire de la disparition pure et simple des hommes, des femmes et des esprits (soyons Matérialistes jusqu’au bout!) qui ont peuplés et « parlés » ces terres durant un temps. Un temps long et distinct, radicalement distinct.
Le premier des trois films est celui du “first contact”. Celui qui cèle, à peine amorcé, une destruction de grande ampleur. Premier contact au sein duquel se mêlent la fascination et la crainte suscitées par cette « impensable rencontre » entre Européens et Amérindiens.

 

20h

le nouveau monde

Terrence Malick – 2005, Etats-Unis, 2h52, VOstFR

1607, les conquérants débarquent. L’un d’eux, le capitaine Smith, est fait prisonnier par ces indigènes que Terrence Malick  dépeint en athlètes grimés au sens inné de l’approche dansante, de la progression en tapinois, du saut furtif, vifs comme des chamois, méfiants comme des biches, un essaim de Nijinski en hautes herbes. Sur le point d’être immolé, le conquistador barbu est sauvé par une princesse âgée de 13 ans : la jeune Pocahontas, un feu follet qui l’entraîne dans ses jeux de plein air, attrape-moi, roulés-boulés, ondoiements sous-marins.

Depuis son premier film, Terrence Malick explore le rapport de l’homme avec le cosmos, comment l’éden est devenu un paradis perdu. Pour reprendre la formule de Michael Henry dans le dossier de Positif consacré à Malick (no 540), “à la guerre au coeur de la nature de La Ligne rouge fait place (dans Le Nouveau Monde) la guerre contre la nature elle-même”.

Car Le Nouveau Monde est l’histoire d’un rendez-vous manqué. La découverte de ces terres sauvages aurait pu, comme le rêve Malick dans le premier tiers du film, engendrer une fusion entre l’idéal païen des Indiens et le spiritualisme puritain des Européens. De cette confrontation entre la “civilisation” et une culture proche de la nature auraient pu naître un remords, une coexistence pacifique, un métissage idéologique, une nouvelle conception de la cohabitation interraciale (illustrée par l’idylle entre Smith et Pocahontas). Au lieu de quoi les colons choisissent le viol du sanctuaire, le vol du territoire des autochtones, la destruction de l’eldorado.

 

 

SMITH JOHN (1579-1631)
Mercenaire anglais. John Smith se vante d’avoir combattu dans toute l’Europe et jusqu’en Turquie dans les armées les plus diverses. Il est surtout connu pour la part qu’il a prise dans la colonisation de la Virginie. Il fait partie d’un groupe de cent cinq émigrants parti d’Angleterre en décembre 1606 et arrivé dans la baie de Cheasapeake au mois d’avril suivant. Il joue un rôle décisif dans les premières années de la colonie, conduisant des expéditions vers l’intérieur ; porté à la tête de ses compagnons en septembre 1608, il encourage la construction de maisons et d’une enceinte fortifiée à Jamestown et développe l’agriculture et la pêche. Après diverses explorations de l’intérieur, Smith, brouillé avec un certain nombre de colons, quitte le nouvel établissement en septembre 1609. À partir de ce moment, il cherche à promouvoir la colonisation et les activités de pêche ; en 1614, il explore une zone côtière à laquelle il propose d’attribuer le nom de Nouvelle-Angleterre. Après 1617, il abandonne toute activité directe et se contente de publier à Londres de nombreuses cartes et brochures sur les territoires américains. Ses comptes rendus suscitent bien des doutes et son imagination paraît avoir souvent suppléé aux lacunes de son information. Mais le tableau qu’il trace des Indiens se veut à la fois cordial et honnête, et dans ses multiples fonctions de soldat, de navigateur, d’explorateur et de colonisateur, il a pu faire preuve de qualités d’énergie et d’autorité indéniables.

 

POCAHONTAS (vers 1595 – 21 mars 1617)
Pocahontas est une Amérindienne de la confédération de tribus Powhatans. Elle est la fille de Wahunsunacock (aussi appelé chef Powhatan) qui a régné sur presque toutes les tribus voisines dans une région, alors appelée Tsenacommacah (en).
Ses vrais noms étaient Matoaka et Amonute, Pocahontas étant un surnom d’enfance se rapportant à sa nature espiègle (dans la langue de Powhatan cela signifie « petite dévergondée »). À son baptême, elle reçut le nom de Rebecca. Elle prendra le nom de Rebecca Rolfe à son mariage.
La vie de Pocahontas est à l’origine de beaucoup de légendes. Comme elle n’a jamais appris à écrire, tout ce qui est connu à son sujet aujourd’hui a été communiqué de génération en génération, de sorte que les pensées et les sentiments de Pocahontas demeurent en grande partie inconnus. Son histoire est devenue la source de nombreuses adaptations littéraires et cinématographiques.
On ne connaît que peu de choses de l’enfance de Pocahontas. Elle était la fille du chef Powhatan et de l’une de ses nombreuses épouses. Selon la tradition Powhatan, sa mère a été éloignée d’elle après lui avoir donné naissance.
Les registres des colons de Jamestown indiquent que Pocahontas a entretenu une certaine amitié avec le capitaine John Smith et l’a peut-être sauvé de la mort plusieurs fois. Du fait de la rareté des archives, et de leur mauvaise qualité, la nature exacte de leur relation est controversée. Leur relation a été romancée avec d’importants ajouts.
En 1607, quand les colons anglais de la Virginia Company sont arrivés en Virginie et qu’ils ont commencé la construction de bâtiments, Pocahontas était âgée d’environ 12 ans. Son père était le chef de la Confédération des Powhatan. Un des colons, John Smith, a été capturé par un groupe de chasseurs Powhatan et emmené à Werowocomoco (en), un des principaux villages de l’empire Powhatan. Selon Smith, il a été allongé sur une grande pierre et était sur le point d’être exécuté, quand Pocahontas s’est jetée sur lui. Elle l’a défendu puis a été conduite en sécurité à Jamestown.
La version de Smith est la seule source. Et depuis les années 1860, sa véracité est donc mise en doute. Une des raisons de ce doute est qu’en dépit de l’édition de deux livres relatifs à la Virginie, le récit de la délivrance de Smith ne s’est fait qu’en 1616, presque dix ans après les faits. Dans une lettre adressée à la reine Anne de Danemark, il la prie de traiter Pocahontas avec dignité. Le temps écoulé a pu faire que Smith ait exagéré ou inventé l’évènement pour améliorer l’image de Pocahontas. Il indique pour sa part quelques livres antérieurs à cette lettre ayant un caractère géographique et ethnographique, il n’avait aucune raison d’y insérer ce récit.
Quelques experts ont suggéré que Smith avait pu prendre pour une délivrance un rituel symbolisant sa mort et sa renaissance en tant que membre de la tribu. Cependant, il ne semble y avoir aucun rituel de ce genre dans d’autres tribus amérindiennes.
Quoi qu’il en soit, une relation amicale s’est établie entre Smith et Pocahontas à Jamestown. Pocahontas venait souvent jouer à la colonie . Cependant, la colonie s’agrandit et certains des indigènes estimèrent que leurs terres étaient menacées. Dès lors, des conflits commencèrent.
En 1608, Pocahontas a apparemment sauvé Smith une deuxième fois : Smith et quelques autres colons ont été invités à Werowocomoco par le Chef Powhatan en termes amicaux, mais Pocahontas est venue à la hutte où les Anglais séjournaient et les a avertis que le Chef Powhatan projetait de les tuer. Grâce à cet avertissement, les Anglais sont restés sur leurs gardes et l’attaque ne s’est jamais produite.
Une blessure due à une explosion de poudre a forcé Smith à retourner en Angleterre en 1609. Les Anglais ont indiqué aux indigènes que Smith était mort. Pocahontas l’a cru pendant plusieurs années jusqu’à son arrivée en Angleterre.
Il n’y a aucune indication dans les archives que Smith et Pocahontas aient été amants ; cette version romancée de l’histoire apparaît seulement dans les versions mettant en scène une Pocahontas plus âgée que dans les faits. Selon Smith, quand elle l’a rencontré à nouveau à Londres, Pocahontas l’appelait « Sugar Daddy » .
Selon William Strachey (en), Pocahontas a épousé un guerrier de Powhatan appelé Kocoum à une date inconnue, antérieure à 1612 ; on ne connaît rien de plus à propos de ce mariage.
En mars 1613, Pocahontas résidait à Passapatanzy, un village amérindien, situé sur le fleuve Potomac. Deux colons anglais ont commencé à commercer avec la tribu locale des Patawomeck et ont découvert la présence de Pocahontas. Avec l’aide du chef Patawomec, Japazeus, ils l’ont capturée. Leur but, comme ils l’ont expliqué dans une lettre, était de l’échanger contre plusieurs prisonniers anglais détenus par le Chef Powhatan ainsi que des armes et des outils que les Powhatans avaient volés. Chef Powhatan a renvoyé les prisonniers mais n’est pas parvenu à satisfaire les demandes concernant armes et outils.
Pendant une année, Pocahontas a été retenue à Henricus (en), une autre colonie anglaise. On sait peu de choses sur sa vie là-bas malgré un écrit du colon Ralph Hamor (en) qui nous apprend qu’elle y aurait appris les usages et la courtoisie. Un prêtre anglais, Alexandre Whitaker (en), lui a enseigné le christianisme et l’a aidée à améliorer son anglais. Elle a été baptisée et son nom a alors été changé en Rebecca.
En mars 1614, un violent conflit eut lieu près du fleuve Pamunkey (en) entre des centaines d’Anglais et les Powhatan. À la ville powhatan de Matchcot, les Anglais ont rencontré un groupe dont faisaient partie des chefs aînés de Powhatan (mais pas Chef Powhatan lui-même). Les Anglais autorisèrent Pocahontas à s’entretenir avec ses compatriotes. Cependant, selon le sous-gouverneur La Vallée de Thomas, Pocahontas en voulut à son père absent pour l’avoir estimée moins importante que des épées ou des haches et leur a indiqué qu’elle préférait vivre avec les Anglais
Pendant son séjour à Henricus, Pocahontas a rencontré John Rolfe qui s’est épris d’elle. Rolfe, dont l’épouse et la fille anglaises étaient décédées, avait cultivé avec succès une parcelle de tabac en Virginie. C’était un homme pieux qui souffrait beaucoup des possibles conséquences morales de son mariage avec une païenne. Dans une longue lettre au gouverneur, il demande la permission de se marier avec elle en exprimant son amour pour elle et en exposant sa conviction qu’il sauverait son âme. Les propres sentiments de Pocahontas au sujet de Rolfe et du mariage restent inconnus.
Le mariage eut lieu en avril 1614 et c’est à cette occasion qu’elle prit le nom de Rebecca Rolfe. Elle s’est alors convertie au christianisme. Pendant plusieurs années le couple a vécu ensemble dans la plantation de Rolfe, Varina Farms, située en Virginie à proximité de la rivière James, et de la communauté d’Henricus. Ils eurent un enfant, Thomas Rolfe.
Le mariage et la conversion au christianisme de Pocahontas amenèrent une période de relations pacifiques entre les Amérindiens Powhatan et les colons. Celle-ci ne devait malheureusement pas durer très longtemps : dès 1622 les hostilités reprirent de plus belle.
Afin d’attirer de nouveaux colons et investisseurs en Virginie, les commanditaires de la colonie envoyèrent Pocahontas la promouvoir auprès des Européens, les assurant ainsi que les indigènes du Nouveau Monde ne représentaient pas une menace et que la sécurité des colonies était assurée. En 1616, les Rolfe voguèrent jusqu’en Angleterre : ils arrivèrent au port de Plymouth, puis voyagèrent jusqu’à Londres en diligence en juin 1616. Ils étaient accompagnés d’un groupe de onze autres indigènes powhatan incluant Tomocomo.
John Smith résidait alors à Londres. C’est à Plymouth que Pocahontas apprit qu’il était encore en vie. Tous deux ne se rencontrèrent pas à ce moment-là, mais Smith écrivit à cette occasion une lettre à la reine Anne lui demandant instamment de veiller à ce que Pocahontas soit traitée avec le même respect qu’un visiteur royal et non comme un phénomène de foire, les conséquences d’un tel comportement risquant de mettre en péril l’amour qu’elle portait aux Anglais et au christianisme, susceptible de se transformer en mépris et en colère.
Il n’existe aucune preuve qu’elle ait été formellement présentée à la cour de Jacques Ier d’Angleterre, mais le 5 janvier 1617, elle et Tomocomo faisaient partie des invités du roi lors d’une représentation du poète Ben Jonson à la Maison des banquets dans le Palais de Whitehall. Selon Smith, le roi impressionna fort peu les ambassadeurs du Nouveau Monde, qui ne comprirent qui ils avaient rencontré qu’après qu’on le leur eût expliqué.
Par la suite, Pocahontas et Rolfe vécurent à Brentford pendant quelques mois. Smith leur rendit visite au début de 1617.
En mars 1617, Rolfe et Pocahontas embarquèrent pour retourner en Virginie. Mais leur bateau n’avait pas dépassé Gravesend (Kent) que Pocahontas tomba malade. La nature de la maladie est aujourd’hui inconnue. Cependant, Pocahontas ayant été décrite comme sensible à l’air pollué de Londres, il semble qu’elle ait succombé à une pneumonie ou à la tuberculose. Débarquée à terre, elle mourut peu après. Son enterrement eut lieu le 21 mars 1617 dans la paroisse de Saint George à Gravesend. Rolfe retourna seul en Virginie, avec leur fils. John Smith mourut veuf.


 

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