Vendredi 30 octobre 2026 · 20h00
Édito
Faire festival
Nous croyons qu’un festival, tout comme un.e artiste, ne peut se tenir à distance du monde. Il y est pris. Il en est traversé. Il en porte les contradictions, les violences, les espoirs.
Notre responsabilité est grande aujourd’hui, dans un monde qui simplifie et brouille le regard, désigne des ennemi.e.s et détruit les espaces de discussion.
Grande aussi face à ce qui se déroule sous nos yeux à Gaza : un génocide, accompagné d’une guerre des récits et des images, où regarder, montrer, témoigner et faire entendre les voix palestiniennes sont aussi des actes politiques.
Et nous ne pouvons pas faire comme si la culture était à l’abri. Partout, les espaces culturels se fragilisent, les moyens diminuent, les lieux ferment ou doivent renoncer, les artistes et celles et ceux qui les accompagnent travaillent dans une précarité toujours plus grande. Défendre la culture, c’est aussi défendre les espaces où une société peut encore se rencontrer, penser, douter, se confronter et imaginer.
Faire festival, aujourd’hui, c’est peut-être défendre cette nécessité : celle d’une conversation qui ne soit ni un consensus ni une guerre. Une conversation qui maintienne ouverte la possibilité d’un monde commun. Parce que là où l’autoritarisme voudrait des ennemi.e.s, nous voulons encore des interlocuteur.ice.s.
Partie 1
Merlin Plage
d’Agathe Boidé | 2026 | France | 12 min

Merlin-Plage, c’est le lieu de mon enfance. Maintenant, c’est aussi un film. Une déambulation fantomatique en hiver avec mes yeux d’adulte. Devant les immeubles vides de la station balnéaire, je me demande à quoi rime ce cirque.
There I was a child
de Nathan Le Graciet | 2026 | France | 9 min

L’endroit où elle se réveille, au fil du temps, est devenu autre chose.
lil-mer-maid
de S4RA | 2026 | Portugal | 4 min

Émergeant de l’espace liquide entre mythe et simulacre, une sirène qui avait autrefois donné sa voix et son corps réapparaît multipliée sur les surfaces numériques, où le corps se fragmente et s’étend à travers des états de désir et de silence. Un écho, une écume et le fantôme d’une présence instable. Elle déploie une hybridité agitée, hantée par des rôles scénarisés et la métamorphose pour exister à l’ère de l’hyperréalité.
Hold my hand
de Sophie Sherman | 2026 | 17 min

Entre 2020 et 2022, Sophie Sherman filme ses proches confinés entre la France, la Belgique et l’Angleterre. Ponctué par une naissance et une mort le film s’attache aux actes de soin, aux contacts humains et à la grâce et fragilité des moments partagés.
Partie 2
Humanity in dark times
d’Aliaksei Rodzik & Katsiaryna Miats | 2025 | Lituanie | 2 min

Humanity in Dark Times est un film expérimental anti-guerre qui examine comment la guerre remodèle la nature humaine. En utilisant le stop-motion et la scanographie sans caméra, il transforme les traces physiques en empreintes fragiles de conflit et de mémoire. Le film affronte les impulsions destructrices de l’humanité et exhorte les générations futures – même au-delà de la Terre – à reconnaître le coût de la violence afin d’aller au-delà.
Who killed Narin G****?
d’Ayce Kartal | 2026 | France | 4 min

Elle avait 8 ans quand elle a disparu. L’enquête a révélé l’implication de sa famille. Narin a vu quelque chose qu’elle n’aurait pas dû voir. Tout le monde dans le village savait, personne n’a osé parler.
I could see a ghost from my window
de Mayro Romero | 2026 | Equateur | 10 min

À partir du récit d’une mère et d’une grand-mère autour du meurtre d’une travesti, la réalisatrice construit ce court documentaire autour de la notion d’ensueño — cet espace entre mémoire et imagination — ancrée dans un souvenir d’enfance.
À travers des archives de la communauté trans en Équateur dans les années 1990 et des images trouvées, une micro-narration se déploie autour de la mémoire, de la mort et de l’absence. Un geste fragile pour échapper à l’oubli et devenir éternelle à travers le cinéma.
Informations pratiques
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La billetterie ouvre 30 minutes avant le début de chaque séance.