« Moi, je n’écris pas des textes, moi j’élabore des partitions. Voilà, la clé de mon travail se trouve là : la partition » ; puis il ajoute, « j’écris un livret mais dès le premier jour de travail, je peux le déchirer. » (Carmelo Bene)


À l’occasion de la rétrospective Carmelo Bene : Une célébration de la contingence, qui aura lieu du 4 au 9 octobre et du 25 au 28 octobre 2016, Videodrome 2 s’associe à la librairie L’Odeur du temps pour vous proposer une sélection d’ouvrages à la vente.

 

Carmelo Bene est né en 1937 à Campi Salentina, dans les Pouilles. L’enfance passée dans un collège religieux baigné de cérémonies et de rites aura certainement une influence déterminante dans ce que Carmelo Bene expérimentera au théâtre. Il entre au Conservatoire de Rome à l’âge de 18 ans qu’il quitte au bout de quelques mois pour se lancer en 1958 dans la mise en scène et le jeu d’acteur avec Caligula de Camus. Carmelo Bene entame alors une période de travail à Rome où il investit les caves et crée un espace dont la conception sera reprise par l’ensemble de l’underground théâtral. En 1963, sa pièce Christ 63 fait scandale à Rome. La police interrompt les représentations pour cause d' »obscénité », et l’Église l’accuse de blasphème.
Parmi ses premières élaborations, un récital de poèmes de Maïakovski qu’il rejouera plusieurs fois, jusqu’à la version définitive de 1982 : Quatre manières diverses de mourir en vers. Son travail de questionnement théâtral est d’abord inspiré par Marlowe et par Hamlet de Shakespeare, événement scénique où l’acteur démiurge s’oppose à l’auteur en un corps à corps constant. Au lieu de donner l’intégralité d’un texte, Bene s’en saisit et en rend les éléments essentiels. Il cherche immédiateté et fulgurance (comme Antonin Artaud) dans un espace visuel et sonore qui multiplie les sensations, et bouleverse la linéarité.

Avant de s’éloigner du théâtre en 1967, Carmelo Bene est Créon dans l’Oedipe-Roi de Pasolini et publie les romans Notre-Dame des Turcs et Crédit italien VERDI. Il réalise ensuite Hermitage, Notre-Dame-des-Turcs, Don Juan, Capricci, Salomé et Un Hamlet de moins, des films qui ont marqué son époque ainsi que son théâtre par la réutilisation de «vitesses» cinématographiques.
Il revient au théâtre en 1974, quittant définitivement le cinéma, et donne ses spectacles sur les scènes italiennes les plus importantes. Il s’attaque aux grands classiques, Shakespeare en premier lieu, dont il va monter successivement Roméo et Juliette (en même temps que S.A.D.E.), Richard III (publié en 1978 sous le titre de Superpositions avec un commentaire de Gilles Deleuze), plusieurs versions différentes de Hamlet, Othello, et enfin Macbeth.
En 1983, il publie une autobiographie, Sono Apparso Alla Madonna.
Une autre pièce que Carmelo Bene n’a cessé de présenter est Pinocchio, point de départ d’une conceptualisation de l’acteur comme «machine actoriale», concept toujours à l’œuvre dans les réalisations qui suivront : Lorenzaccio, Le Dîner des dupes, Hamlet suite, Macbeth Horror suite (Odéon, 1996). L’aboutissement de ce travail sera la série de l’Achilléide-Penthésilée qui célèbre «façon Artaud» la cérémonie funèbre et dérisoire du vide du théâtre. Carmelo Bene est mort à Rome le 16 mars 2002.

 

Jean-Paul Manganaro nous fait l’honneur de sa présence à l’occasion de la rétrospective Carmelo Bene : Une célébration de la contingence, qui aura lieu du 4 au 9 octobre et du 25 au 28 octobre 2016 à l’Institut Culturel Italien et au Videodrome 2.

Jean-Paul Manganaro est professeur émérite de littérature italienne contemporaine à l’Université de Lille III. Essayiste, romancier et éditeur, il a traduit plus de 180 romans et textes italiens contemporains dont les Œuvres complètes de Carmelo Bene.

ERRATUM – Nous sommes au regret de vous annoncer que Jean-Paul Manganaro ne pourra pas venir comme prévu.
Nous accueillerons Yannick Butel, professeur des Universités en esthétique théâtrale, chercheur et critique à l’Insensé (insense-scenes.net) le jeudi 27 octobre pour accompagner le film Nostra Signora dei Turchi.

 

Voir le programme complet de la rétrospective Carmelo Bene

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