Depuis 2013, Christophe Haleb côtoie la ville de La Havane en y déployant tout un chantier artistique à la rencontre de son histoire, de sa réalité complexe du moment, de ses habitants, et de ses communautés artistiques. Après y avoir mené et présenté différents projets, ainsi qu’une recherche à part entière en tant que lauréat “Hors les murs” de l’Institut Français, il décide d’y réaliser son premier film « autonome” en 2016 : Un sueño despierto.

À partir de 19h : diffusion/installation vidéo dans l’espace bar d’un épisode surprise

Un sueño despierto

de Christophe Haleb – 2016, Cuba, 1h40 (film en 3 épisodes), VOstFR

Ce rêve éveillé agit comme une invitation au voyage. Loin des clichés touristiques et de la vision exotique généralement associée à la caraïbe, les images du film nous font circuler dans La Havane à travers une architecture du 20e siècle, dans une ville en mouvement, avec une attention toute spécifique dans la tension entre des individus et des lieux porteurs de traces mémorielles.

Dans ce moment clef de l’histoire cubaine, Christophe Haleb a souhaité dialoguer avec des danseurs et de jeunes chorégraphes pour tisser plusieurs portraits sensibles d’artistes indépendants vivants à Cuba avec lesquels il a eu la chance d’échanger et de travailler sur différents projets chorégraphiques réalisés ces quatre dernières années. Chacun des épisodes du film nous interroge sur le regard que l’on porte sur une génération, sur le sens d’une révolution, d’un héritage. Elle nous regarde et ça nous regarde. Elle nous parle d’un monde en transition, d’une danse possible à travers les vestiges d’une époque, de transmission, d’influences, de ses attentes et aspirations.

La danse est dans le mouvement du film, dans la manière de se toucher et d’être touché, de marcher, de s’aimer, d’être enfermé et d’ouvrir, de libérer le mouvement, humblement, avec la poésie. Christophe Haleb a cherché un déplacement du regard sur la relation film – caméra – chorégraphie. La danse a tout à voir avec le cinéma.

Extrait d’un entretien avec Christophe Haleb par Olivier Hespel

Mais pourquoi un film ?
Parce que la ville, les personnes, le mouvement, l’intensité des corps : La Havane est très cinématographique.
C’était l’occasion d’explorer une autre façon d’écrire, de travailler avec une autre temporalité. Voilà 25 ans que ma compagnie existe. J’ai réalisé une trentaine de création. Cela m’a fait beaucoup de bien de m’engager dans la réalisation de ce film, d’interroger toujours et encore mon travail de chorégraphe. Et c’est maintenant que je devais le faire : les Cubains vivent une période clé aujourd’hui. Comment passer d’une forme fermée à une forme ouverte ? Comment inventer une forme qui soit artistiquement et politiquement vivable ? Quelque chose d’un espace commun, d’un possible. C’est un processus de création.

Extrait de l’article de Gérard Mayen dans Danser Canal Historique :
« Les danseurs accompagnés par Christophe Haleb développent une bouleversante poésie, où la chair, sensuelle, vibre au vif d’un devenir. Difficile à situer entre cinéma du réel et film de danse, Un sueño despierto invente ce que pourrait être, étrangement, une danse de l’in situ pour l’écran ».

à propos du réalisateur

Après avoir été interprète notamment chez Rui Horta, Andy Degroat, Angelin Prejlocaj, Daniel Larrieu, François Verret, Christophe Haleb démarre son travail de chorégraphe en créant sa compagnie LA ZOUZE en 1993. Après 10 ans à Paris, il déménage à Marseille.

Il a créé une trentaine de projets, privilégiant un tissage entre les écritures scéniques et les créations pour des espaces non dédiés, comme autant d’interrogations sur l’espace, le mouvement, l’image et le corps sensible. Dans chacun de ses projets, résolument transdisciplinaires, il développe des collaborations et complicités artistiques multiples. LA ZOUZE fonctionne comme un laboratoire expérimental qui génère des formes hétérogènes, cherchant à mettre en rapport le sujet et l’idée de communauté, le réel et la fiction, le vivant et l’image, le sexe et le genre, avec ses fantasmes de sexualité en désordre et de déconstruction des stéréotypes. À la frontière du théâtre dansé et de la performance, son travail s’inspire toujours d’un contexte concret, questionne l’état du monde et ses impacts sur le corps, la réalité et le rêve des êtres.

Depuis quelques années, il voyage et travaille régulièrement en Amérique centrale et latine, et dans la Caraïbe, impliquant de plus en plus l’image en mouvement dans son écriture, fabriquant des films en dialogue avec ses spectacles et installations, jusqu’à réaliser son premier film en 2016.

Aujourd’hui il dirige à Marseille, un laboratoire de recherche artistique et sociétale Dans les parages, qui au-delà de l’activité de la zouze, accueille de nombreux artistes en résidence.

notre partenaire de programmation

LA ZOUZE – Cie Christophe Haleb, installée à Marseille, affirme depuis 25 ans son processus d’écriture chorégraphique et de création artistique dans le domaine de la danse contemporaine. Elle s’appuie sur la recherche ouverte aux autres formes d’art, l’interdisciplinaire et la dynamique d’équipe. LA ZOUZE est une zone de production sensible, un ensemble de pratiques artistiques qui questionnent les notions de « mouvement » et de « langage » dans toutes ses acceptions, c’est-à-dire traitant aussi bien des questions d’espaces, de corps, de pensées, d’interventions artistiques, auprès de différentes personnes et publics. Un style de conduite qui met en contact le sujet traité avec le monde, l’affect, l’amour, etc.


 

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