Pour cette avant-dernière séance du cycle « contes venus du froid », nous vous offrons des bijoux d’animation russes en copie 35mm. L’œuvre de Iouri Norstein est quantitativement assez réduite (à peine deux heures de film au total), mais d’une poésie et d’une beauté exceptionnelles. Il est considéré comme l’un des plus grands cinéastes d’animation.

Le héron et la cigogne
de Iouri Norstein – 1974, URSS, 10 min, VOstFR, Copie 35mm

Il était une fois un héron et une cigogne qui vivaient dans un grand marécage. Chacun avait construit sa petite maison. Le héron d’un côté du marais, la cigogne de l’autre. Un jour, pour rompre solitude et ennui, le héron décida de se marier et, pour ce d’aller voir la cigogne… Il lui fait la cour et la demande en mariage, elle l’éconduit. Regrettant son geste, elle revient vers lui. Mais c’est à son tour de se faire ignorer par son soupirant, avant que ce dernier ne se ravise… pour être de nouveau rejeté. Et ainsi de suite…

« Malgré ses fausses allures d’histoire pour enfants, le 4ème court-métrage du réalisateur Youri Norstein constitue plus une fable ironique dans l’esprit d’Anton Tchekhov. À partir d’une situation simple, le film dépeint une valse des sentiments sans véritable fin où l’amour idéalisé se heurte à la réalité une fois celui-ci mis en situation. Le mariage se retrouve sempiternellement repoussé : non-acceptation des défauts de l’autre ? Question d’orgueil ? Les protagonistes ne vivent-ils qu’à travers ce chassé-croisé amoureux ou sont-ils justement en train de passer à côté de leur vie ? Le film, récompensé du Prix Spécial du Jury au Festival d’Annecy, se garde bien de fournir la moindre réponse pour laisser libre cours à l’imagination du spectateur et se reposer sur son ambiance douce-amère. Les personnages animés en papier découpé prennent place sur un environnement tout en couleurs ternes, légèrement brumeux et agrémenté de quelques effets de profondeur obtenu à la caméra multiplans. Autant de caractéristiques faisant du Héron et la Cigogne une ébauche du court-métrage suivant du réalisateur : Le Hérisson dans le brouillard. »
(source planete-jeunesse.com)

Le Hérisson dans le brouillard
de Iouri Norstein – 1975, URSS, 10 min, VOstFR, Copie 35mm

Comme tous les soirs, le petit hérisson s’en va chez son ami l’ourson pour lui apporter un pot de confiture de framboise et compter les étoiles avec lui autour d’un thé. Mais ce soir-là, il doit faire face à un épais brouillard d’où émerge un étrange cheval blanc. Une fois plongé au cœur de la brume, le timide animal se perdra et découvrira un monde où tout semble aussi fascinant qu’effrayant.

« Reprenant les effets abordés sur Le Héron et la Cigogne Youri Norstein perfectionne dans ce court-métrage sa technique et son art de la mise en scène pour conférer une véritable sensation de profondeur, somme toute très rare dans le domaine du papier découpé, qui plus est à travers une texture immatérielle : celle du brouillard. À peine esquissée dans le précédent film du cinéaste, la brume devient ici la pièce centrale faisant surgir les motifs plus ou moins inquiétants ou absorbant l’espace pour faire perdre tout repère au spectateur, au même titre que l’attachant hérisson. Outre cet habile jeu de fondus, la finesse des dessins et le lyrisme de la bande-son achèvent de faire du film un chef-d’œuvre poétique de l’animation russe. Récit sur les peurs enfantines et le goût de l’inconnu, Le Hérisson dans le brouillard est une ode à l’imagination figurant parmi les œuvres préférées d’Hayao Miyazaki ainsi que de Michel Gondry qui y trouva de l’inspiration pour le clip de Human Behaviour réalisé pour la chanteuse Björk. »
(source planete-jeunesse.com)

Le conte des contes
de Iouri Norstein – 1979, URSS, 29 min, VOstFR, Copie 35mm

Le point de départ est une berceuse pour enfants, prétexte pour l’artiste à vagabondage à travers souvenirs et rêves d’hier ou d’aujourd’hui…

Youri Norstein parle du Conte des contes :

« Il m’habitait, ce film, bien avant que ne me vienne l’idée de me lancer dans la mise en scène. J’ai chez moi une étude, une étude peinte. Je ne sais plus de quelle année elle date : quand je terminais les Beaux- Arts ou juste après, alors que je travaillais déjà au studio. Mais cette étude – des corbeaux perchés dans un arbre enneigé – c’est « Le Conte des contes ». Une autre étude aussi, qui remonte à mon enfance : la mère Varia, Varvara Nikititchna Timokhina, notre voisine à Marina Rochtcha, c’est également «Le Conte des contes ». Mais ce n’est pas là que tout a commencé. Ni même avec la berceuse.

Cette berceuse, je m’en souviens, je la fredonnais plus tard tout en marchant. Je ne sais pas pourquoi. Quand et pourquoi, le Petit Loup est-il apparu, je ne sais pas. Il est vrai que c’est un personnage de l’enfance. Un personnage… Ce héros habitait mon enfance. Aujourd’hui encore, j’ai l’impression qu’il a continué à vivre dans la maison d’où je suis parti. Et je ne sais même pas ce qu’il est devenu lorsque la maison a été détruite. On ne sait pourquoi, mais chaque maison a, doit avoir, son génie.

Au départ, il y avait une nappe. Grande, blanche, elle recouvrait les tables dans la cour. Les tables que l’on avait apportées des appartements communautaires. Chaleur du soleil d’automne, de l’été indien… Et la nappe qui recouvrait toutes ces tables… Les gens qui étaient assis à ces tables avant de se disperser et de quitter cette maison pour toujours.

Dans cette dernière et nonchalante rencontre devaient apparaître tous ceux que je connaissais et aussi tous ceux qui n’étaient plus encore là… Et c’est au carrefour de leurs conversations que tout devait surgir. Toute l’histoire de la maison et, en fait, toute l’histoire du pays. Le film  » Le conte des contes  » est celui qui m’est le plus cher parce qu’il est le plus personnel, parce qu’il s’agit, dans une large mesure, d’une confession.

Le film ‘Le Conte des contes  » m’est cher parce qu’il concerne Marina Rochtcha. Parce que c’est là que j’ai vécu durant près de 25 ans. Parce que j’en suis parti. Parce que notre maison n’existe plus et qu’elle a été remplacée par un énorme bâtiment de seize étages. Et le pont que l’on voit à la fin du film n’est plus le même aujourd’hui. Mais c’est de l’autre dont je me souviens, celui qui était recouvert de pavés… Et de l’odeur de la poussière, cinglée par les gouttes, lorsque tombait la pluie, le soir, en août. Et le crissement des pneus des autobus bleus qui, à l’époque, circulaient dans Moscou. Tout cela s’est, en quelque sorte, progressivement lié. Tout cela s’assemble peu à peu lorsqu’on regarde en arrière et que le monde dans lequel on a vécu s’éloigne pour toujours.

La vieille maison de deux étages… la cour… Brusquement, on commence à comprendre que c’est précisément dans cet espace que s’est écoulée une partie essentielle de sa vie. »


Contes venus du froid

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